J’ai toujours préféré aux voisins les voisines*…

Non, non, oui, enfin peut-être. Vous allez croire que je pourrai être un tantinet obsédé. Je vous rassure, pas plus que la moyenne de l’humanité. En fait je suis d’une banalité affligeante. Surtout pour mes voisins. Un rien moins pour mes voisines. C’est pour cela que je les préfère d’ailleurs.

Mes voisins ne comprennent rien à ma vie, mais ils l’apprécient, où alors ils sont hypocrites où lâches. Voir les deux. Allez savoir. Ce sont des voisins, donc il est loisible de leurs coller tous les tors sur le dos. J’habite un charmant quartier de bobos quadra/quinqua où quelques gosses foutent un bordel pas possible le samedi en jouant à la marelle dans la rue ou en organisant des courses de vélos et de trottinnettes d’un bout à l’autre de la dite rue.

 

Quand c’était moi qui jouais, les cyclistes d’un temps se nommaient presque tous Eddy Merckx. J’étais évidement le plus crédible parce que dans la poche dorsale du maillot que ma grand-mère m’avait bricolé j’avais du sucre. C’est bien connu, les champions cyclistes évitent la fringale en croquant du sucre. Et boivent de l’eau claire. Ce que l’on nomme Pot Belge est un mélange de sucre et d’eau, avec un soupçon de grenadine. C’est grâce à cela que les Flandriens de l’années sont des super-héros.

 

Remarquez au passage, pour votre culture, que Merckx n’a jamais été considéré comme un véritable flandrien, et qu’il est un peu a part dans le musée dédiés à ces forçats des pavés. Et être à part dans cet endroit c’est un peu un comble, si j’osais. Mais je m’égare.

Les gamins d’aujourd’hui ne connaissent plus les noms des cyclistes, mais bien ceux des super-héros. C’est un peu étrange de voir Spiderman poursuivre Cap’tain América  sur un vélo fabriqué en Chine. Pendant ce temps, mes voisines adorent passer devant chez moi avec des mines de chattes gourmandes devant une jatte de lait.

 

Non, pas à cause de moi, j’aimerai que définitivement l’on puisse m’aimer pour moi et pas pour mon corps. C’est lassant d’être une bombe sexuelle à la longue.

 

Non, elles adorent passer parce que sur l’appui de fenêtre je pose régulièrement des bouteilles de bière ou de vin sorties de mes dégustations. Une fois que j’ai testé, j’en fait profiter le quartier. Et c’est vraiment très agréable. Nos bières ne sont-elles pas faites pour rencontrer les gens, pour être partagées ?

 

Certes, en ces temps de repli derrière nos masques, le mot partage pourrait être mal perçu. Mais à mes yeux il est et reste essentiel. Il faut partager, pour rencontrer les autres, pour créer de l’énergie, pour être heureux simplement.

 

Nous sommes des animaux grégaires, nous aimons la notion de troupeau même si souvent elle nous insupporte lorsque nous ne pouvons pas la choisir librement. J’aime en ces moments d’été indien, qui valent toujours mieux que deux tu l’auras, partager une saison. Je suis fou de saison. Et de grisette aussi. Et d’un tas d’autres choses…mais ce n’est pas la question du jour.

Quoi de mieux pour nous souhaiter à tous un automne florissant, laissant derrière lui les vagues destructrices du printemps, qu’une Saison…Voisin ?

Elle n’est pas belle la vie ? Allez, santé, c’est tout ce que je vous souhaite de pire.

 

 

*Les Voisines. Rénan Luce

Recent Posts

Leave a Comment

0
https://www.un-peu-gay-dans-les-coings.eu