Foires aux vins, micro guide pour se faire plaisir

Les enfants sont rentrés, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, tu vois je n’ai pas oublié, c’est le temps des marronniers : Alors elle est gentille ta maitresse ? Elle s’appelle comment ? Tu n’as pas peur ? La rentrée coûte cher ? L’école organise des cours de rien sans rien, et j’en passe et des meilleures.

 

Les signaux ne trompent pas, Noël s’en vient, les vacances scolaires sont enfin terminées on va pouvoir profiter des espaces sans Pokémons pour se promener un peu. Et, entre deux soirées « souvenirs » avec la famille autour des subtiles saveurs espagnoles ou grecques, on va feuilleter les folders des grandes surfaces, comparer l’incomparable, tenter de négocier une ultime remise chez le caviste le plus proche. Puis, la mine grave et les yeux torves, les mâles vont jeter leur dévolu sur tel ou tel produit.

 

Un peu comme la rentrée, ou le régime des vacances, ou le comment survivre à la Saint Valentin, les foires aux vins des grandes surfaces sont un véritable marronnier. Elles commencent à peine et vont durer pendant deux mois au moins. Pour les grandes surfaces, c’est un moment clef de l’année, on peut même dire crucial, certaines enseignes réaliseraient plus de 40% de leurs ventes annuelles de vin durant cette foire. Les durées sont différentes suivant les enseignes, les propositions aussi d’ailleurs.

 

Faut-il acheter lors des foires aux vins ? 

La réponse est à nuancer, certes oui, c’est souvent l’occasion de se faire plaisir à des prix attractifs. Mais tout ce qui coule n’est pas or, c’est bien connu, il convient de ne pas se laisser aller inconsidérément. Lors des grandes dégustations organisées par certaines enseignes, les clients ont le plaisir et le bonheur de pouvoir goûter tout ou presque ce qui est proposé dans les catalogues. Mais, l’instinct grégaire aidant, l’homme de moins en moins sapiens au fur et à mesure que s’allonge le temps de dégustation sera tenté d’en mettre plein la vue à ses petits camarades et donc décidera d’acheter bien que plus que ses besoins, voire de ses moyens. Faire de bonnes affaires, ce n’est pas forcément acheter ce dont on n’a pas besoin.

 

Est-ce moins cher de l’autre côté de la frontière ?

Bon nombre d’entre nous se sentent pousser des ailes à l’idée de piloter un caddie dans les hypers proches de nos frontières. Les vins, les alcools, les champagnes sont moins chers, ces produits ne sont pas soumis aux mêmes accises et pas non plus la tva sur les accises, oui oui en Belgique, on s’acquitte d’une taxe sur une taxe, c’est original, cela fausse un peu les débats, mais c’est comme ça. Si l’on ajoute à ce contexte l’augmentation importante de nos accises il y a deux ans, on arrive à une baisse des ventes de l’ordre de 10% sur le marché national, soit plus ou moins 35 millions de bouteilles, ce qui signifierait une diminution importante de la consommation per capita qui se situerait aux alentours de 25 litres/an. Mais ce chiffre est largement à relativiser, du moins au niveau de la consommation intérieure, car il est impossible de comptabiliser les achats transfrontaliers. Quel que soit le pays qui nous entoure, les taxes sur les boissons alcoolisées ou non, y sont inférieures aux nôtres. Mais, tout n’est pas question seulement de prix, il y a aussi, et c’est ce qui sauve le commerce chez nous, l’originalité de la proposition. Si les belges sont majoritairement fidèles aux vins de France et parmi eux aux Bordeaux, il n’y a quand même pas loin de 40% du marché occupés par les vins d’Europe et du reste du Monde. Les acheteurs de nos grandes chaines font un boulot de sélection remarquable, c’est une bonne nouvelle pour tout le monde.

Voici quelques exemples histoire d’apaiser votre soif en regardant les feuilles tomber.

Primitivo Salento IGP 2016

100% Primitivo – Lidl

3,99€ – 15/20

Un excellent rapport prix Plaisir, indéniablement. Carton plein si j’ose écrire. Il y a du fruit à volonté, des épices ( du poivre), de la matière. Les tannins sont bien mûrs et ronds. C’est moyennement long en bouche. Bref, c’est une tuerie ! Et à ce prix-là, il y a de quoi faire pleurer quelques amis confits dans leurs certitudes.


El arte de Vivir  Ribera del Duero 2016

100% Tempranillo – Lidl

6,99€ – 16/20

La fraîcheur du tempranillo qui pousse sur les bords du Douro dans sa partie espagnole, c’est précis, vif, avec une belle fraîcheur en bouche. Le nez est très riche, épicé mais sans être alcooleux. Les tannins sont fins, avec un grain délicat. Une jolie surprise pour accompagner une belle pièce de viande rouge rôtie.


Finca Museum « Reserva » Cigales 2014

100% Tinta del Païs – Colruyt

12,25€ ( en promotion jusqu’à fin septembre 1 magnum offert pour 6 bouteilles achetées) – 15/20

J’aime vraiment beaucoup, c’est typé, le tinta del païs est une variante du tempranillo, on retrouve cette petite acidité qui allège terriblement les vins du nord-ouest de l’Espagne. On déroule ensuite la panoplie des arômes traditionnels de ce genre de vin en évolution, c’est à dire un peu de pruneau, de la fraise en confiture, un peu de canelle, c’est complexe, bien construit et équilibré. Bref, une très belle bouteille à découvrir sans tarder.


Reserve de la Croix Mouton Bordeaux Supérieur 2016

Merlot, Cabernet Sauvignon, cabernet Franc. – Colruyt

7,95€ ( en promo en octobre) – 18/20

Ça c’est le petit bijou bien caché au fond de la gamme. Une vraie belle surprise, un bordeaux croquant, craquant, sur le fruit avec une touche de boisé toute en finesse. Bref, c’est nettement plus grand que ce que l’on pourrait croire en regard du prix et de l’appellation. Un conseil, ruez-vous même hors promo c’est une des plus belles bouteille de la période présentée dans notre beau royaume.


Tuella Douro 2015 Symington

Hyper Carrefour – 5,99€ – 17/20

Le Douro, c’est cette région que nous connaissons bien trop mal où l’on produit le Porto. On se calme, il s’agit ici d’un vin sec et c’est vraiment bon ! La multitude de cépages utilisés dans la région confère aux assemblages une complexité étonnante même lorsqu’il s’agit d’un vin jeune et « simple » tel que celui-ci. Il n’empêche que c’est vachement bien équilibré et construit. Le genre de vin qui éclate les papilles et secoue les neurones pour attendre l’automne.


Tilenus  Pagos de Posada  Bierzo 2012

100% Mencia – Hyper Carrefour

22,49€ – 15/20

Le mencia est un cépage qui donne des vins ronds, souples, que l’on a envie de croquer à pleine bouche. Cette cuvée est à pleine maturité, les arômes secondaires s’expriment bien, les fruits rouges, le clou de girofle, le laurier, l’olive noire, la vanille; et j’en oublie. On touche doucement aux arômes tertiaires à l’oxygénation, des notes de tabac, de cuir. Bref, ce n’est pas une bouteille à mettre dans toutes les bouches, et à servir n’importe quand. C’est un vin de circonstance exceptionnelle plutôt que de pizza devant un match de foot.


Limited Selection Aconcagua Costa 2015 Montes

100% Pinot Noir – Hyper Carrefour

12,5€ – 14/20

Du bon gros pinot noir, un peu tempéré par la fraîcheur de l’océan Pacifique. Cela donne des notes de confiture de cerises, un côté noyau aussi, comme dans le kirsh. En bouche c’est ample, très rond, plein, velouté. Une bonne idée pour permettre à votre nièce qui n’aime pas le vin qu’il existe autre chose dans la vie que le rosé Pamp sur glaçons…


Chateau Changyu Moser XV Ningxia 2016

100% Cabernet-Sauvignon – Carrefour

7,99€ – 16/20

Le vin chinois, tout le monde en parle, mais, jusqu’à présent, on en parle surtout et à part quelques réalisations particulières, on navigue plutôt sur un mythe que sur une marée rouge. Mais là, cette collaboration entre un groupe chinois qui se donne les moyens et un vigneron allemand dont la réputation n’est plus à faire donne carrément une vraie belle bouteille. Et pas que pour accompagner le canard laqué ou le boeuf aux pousses de bambou. En résumé, c’est un petit litre rouge qui vous fera faire un grand bond en avant après une longue marche dans vos idées sur le vin.


La Croix Montjoie « L’impatiente » Bourgogne Vezelay 2015

100% Chardonnay – Le Chemin des Vignes

14,80€ – 15/20

Un joli bourgogne blanc comme j’aimerai en rencontrer plus souvent. Le chardonnay dans toute sa splendeur, floral, délicat, équilibré. Avec une belle pointe acidulée en fin de bouche qui accompagne une touche d’amertume qui relève bien l’ensemble. Pour accompagner une volaille rôtie à la peau bien craquante on n’a pas encore fait mieux.

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