On dirait que malgré les travaux qui la font ressembler à une rue d’Alep, la pluie en plus, la rue des Bouchers, du moins quelques lumières, ressuscitent étape par étape. Un peu comme un ordinateur qui bugge et se rallume petit à petit…

Il faut dire que dans le quartier, il y a quelques magnifiques enseignes, pas forcément gastronomiques de grand luxe mais des « classiques » qui vivotaient, enfuies sous la poussière de leur histoire, et qu’elles font leurs belles aux doigts dormants. Les baisers ne viennent pas tous du même prince, les temps ont changé, et la fidélité entre tout doucement dans les mœurs. Si un peu plus bas, le tandem Léon/Armes de Bruxelles a l’air de démarrer plutôt bien, sur le haut, il en va de même avec le nouveau souffle de vie enregistré à la Taverne du Passage.

Je ne vais pas vous raconter toute ma vie, ça prendrait trop de place, mais je connais fort bien l’endroit depuis que Casimir hantait les écrans de télévision. Ça vous situe. J’adorais, et, franchement, j’adore toujours, cet endroit hors du temps, avec ses serveurs en veste blanche à épaulette. La carte n’a pas changé ou presque depuis des lustres, mais il était temps que tout soit repris en main, parce que doucement ça partait en cacahuètes.

L’ambiance de la Taverne c’est un doux mélange de vieux clients célibataires à force de veuvages, de touristes en groupes plus ou moins importants, de familles bon chic bon genre, de groupes de copains, le tout aligné sur des rangées de tables comme à la parade. C’est chaleureusement bruyant, bourdonnant, comme la vie quoi. Le service se fait comme quand j’étais à l’école hôtelière, sur plaques chauffantes et sur plat pour une série de spécialités.

La choucroute, c’est de saison, est parfaite sans être exceptionnelle. Le vol-au-vent est tel que l’on peut l’attendre, avec sa touche de mousseline sur le dessus et un vidé, qui n’est plus que probablement pas ‘maison’ mais qui est de bonne qualité. La carbonnade est flamande sans aucun doute, les croquettes aux crevettes un peu fades à mon goût, mais bien texturées. Et pour les amateurs de trucs un peu plus à l’ancienne, j’ai mangé une cervelle de veau froide sauce tartare, le genre de truc qui fait toujours beaucoup d’effet sur les jeunes femmes quand elles ne sont pas étudiantes en médecine, mais qui n’en demeure pas moins superbe à déguster. La cervelle hein.

Bref, c’est bien l’endroit où j’emmènerais bien ma belle-mère, s’il advenait que je la croise par hasard dans le quartier, histoire de me faire bien voir dans la catégorie beau-fils parfait bien sous tous rapports.

En plus, ce qui ne gâche rien, la carte des vins est plutôt bien fichue, conforme en cela à l’histoire de la maison, et à des prix normaux. Au rayon rouge souple, le Chirouble « La scandaleuse » en 2016 du domaine Metrat est juste une superbe bouteille. Bon appétit !

La Taverne du Passage 

Galerie de la Reine 30

1000 Bruxelles

Tél : 02 512 37 31

www.taverne-du-passage.be

Recent Posts
Comments
  • Alexandre Blondiaux
    Répondre

    Comme d’hab’ , des mots justes. C’est bizarre comme j’ai l’impression d’être assis à ta place.
    La cassolette Ris-Rognons vaut aussi le déplacement 😉

Leave a Comment

0