La légende urbaine, heureusement défunte, a trop longtemps affirmé que la Belgique qui aime le vin était elle aussi coupée en deux entre le nord et le sud. D’une part les Wallons seraient des buveurs de Bourgogne et les Flamands des buveurs de Bordeaux, le tout pour des raisons historiques. Sauf que, car il y a toujours une exception, sauf que, écrivais-je, les archives démontrent que durant toute l’existence du duché de Bourgogne, les Ducs passèrent au total plus de temps entre Gand et Bruxelles que dans leur région. Ce qui met à mal cette jolie fable.

Le pays, dans son entier, est un des plus gros consommateurs de Bordeaux de la planète. Et nul ne connaît exactement le total d’hectolitres consommés dans le plat pays, puisque moult achats se font en « transfrontalier »… Quoi qu’il en soit, pas une cave digne de ce nom dans le royaume qui ne s’orne d’au moins cinquante pour cent de vins de la région.

Le Belge boit du bordeaux parce qu’il aime ça, surtout le Saint-Emilion, mais aussi parce que les vins de la région sont un symbole de réussite sociale, ou, à tout le moins, d’arriver à un certain niveau d’exigences et de possibilités.

Mais il découvre aussi la région par ses atours originaux, car il n’y a pas que le Médoc en bordelais. L’Entre-Deux-Mers est une terre d’histoires, de collines, de vallons, de bastides fortes. Découvrir le bordelais par les côtes depuis Blaye jusqu’à Castillon, c’est découvrir des humains, des bords de fleuves, des paysages différents, des lumières, des saveurs.

Il n’existe pas UN Bordeaux, mais bien des tas de Bordeaux. Nous l’aimons sur le fruit, tout en merlot. Nous l’aimons peu boisé dans la fougue de sa jeunesse. Nous l’aimons boisé, riche en tannins et en vanille, parce que l’odeur du feu fait appel à notre cerveau reptilien et que le cabernet sauvignon c’est du sérieux. Nous aimons le blanc en assemblage de sémillon et de sauvignon, parce que l’assemblage est LA signature des vins de là-bas.

Tout comme la Cité des Vins, le pont Chaban-Delmas et le Miroir d’eau sont les nouvelles signatures de la ville portuaire rénovée.

J’ai le souvenir dans les papilles d’une lamproie à la bordelaise accompagnée d’un Château Peneau 2015, en Côtes de Bordeaux, je ne vous dis que ça, j’en ai presque les larmes aux yeux tant c’était simplement juste.

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