Manger, plutôt bien, un dimanche soir, à Bruxelles et dans ses environs, cela tient plutôt de l’exploit. Et là, au détour d’une petite rue qui a l’air de rien, une vitrine éclairée, un cadre tout simple a première vue et…

C’est quand on s’y attend le moins que les fêtes sont les meilleures. Nous l’avons tous expérimenté une fois au moins dans notre vie. Quand nous nous disons que nous allons faire le repas du siècle, nous sommes souvent déçus. Par contre, quand on est claqué, que l’on va rejoindre des copains et que l’on ne s’attend juste à rien si ce n’est le plaisir de manger avec des gens que l’on n’a pas vu depuis trop longtemps, ben c’est carton plein.

Pour en revenir à mon oasis dominicale du jour, ma première idée a été : enfin un restau avec de la lumière et où le son est parfaitement géré. Oui, je sais, ça fait vieux con, mais j’avoue que je n’aime pas sortir de table avec la tête comme une pastèque. La jeune femme qui assure le service du soir le dimanche n’est qu’un sourire, mais en plus elle est efficace, rapide, gentille et fait tourner sa salle comme une pro qui aurait 30 ans d’expérience.

Les cartes sont inscrites sur les murs qui sont des tableaux noirs. Pas une pléthore de plats proposés, mais des choses simples parfaitement exécutées. Lors de mon passage j’ai mangé en entrée une demi-boule de mosa et de la viande séchée avec un peu de truffes noires (21€) et en plat des tagliolini au citron et au beurre. Carrément de la bombe et tarifée à 13€ en plat. C’est dingue et surbon. Pour arroser le tout nous nous sommes envolés vers le Trentino Alto Adigio et un Lagrein Scuro Riserva (32€) tout en finesse et en légèreté. Deux grappas plus tard, j’étais de retour vers ma voiture plein de bonheur.

J’aime bien l’idée d’un restau italien où les gens ne font pas semblant de parler avec un accent cinématographique, d’ailleurs le dimanche soir le patron est en cuisine. C’est le grand châtain clair. Le chef c’est le plus petit des deux et il est sicilien. En dessert, un de mes camarades s’est rué sur un sabayon, parfaitement cuit, servi directement dans une sauteuse, le genre de truc qui demande deux jours à manger quand on a vraiment faim.

C’était un dimanche soir de grisaille, avec un crachin traversier bien de chez nous et pourtant du soleil plein la tête et le souvenir de la jeune femme au fond de la rétine, je suis prêt à attendre le printemps.

Restaurant Senza

Potaardestraat 3
1150 Kraainem

+32 2 784 25 85

www.senza-restaurant.be

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