dans Restaurants

Jus de réglisse, jus de calabre, machin dont on faisait de la limonade à Bruxelles autrefois. Et pourtant, il sera question de tout sauf de limonade aujourd’hui.

Drogenbos, petite localité à facilités touchant à la région bruxelloise, ou au moins 80% de la population est francophone, mais pourtant nous sommes en Flandre. Logique loufoque linguistique d’un autre temps fixée irrémédiablement, pour le moment, dans le bronze belgicain. Jusqu’au prochain changement, c’est comme ça ici. Hormis cette situation kafkaïenne, la commune peut s’enorgueillir de compter quelques chouettes restaurants plus ou moins mythiques, suivant leurs âges du moins.

C’est ainsi que par le plus pur des hasards, je me suis posé un soir dans ce restaurant. Depuis j’y suis retourné à maintes reprises et, mise à part une certaine odeur de frites certains soirs, je n’ai aucune raison de me plaindre. D’autant que depuis que Loïc s’occupe du restaurant, c’est toujours un bonheur de s’y attabler. Si vous pensez comme moi que l’on ne se rend pas au restaurant pour manger, mais pour un spectacle global, vous ne serez pas déçus lors de votre prochain passage. Il y a peu, chose rare, voire unique à ma connaissance, la brigade de cuisine s’est enrichie d’un boucher. Un vrai, un tatoué. Un boucher à la française, qui coupe les morceaux autrement que ce que font les nôtres. Dans la foulée, une chambre de maturation pour la viande a été installée et donc, depuis septembre dernier, on trouve ici des viandes maturées home made. Ce qui, dans le contexte de la mode actuelle qui aime les poireaux brûlés et les viandes estampillées, est déjà énorme. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi cela veut dire beaucoup. Vous pourrez ainsi choisir vos viandes, entre différentes races bovines, porcines ou ovines selon les arrivages. L’essentiel de cette magnifique idée étant de proposer des produits finis à des prix abordables avec une qualité maîtrisée. Et puis, franchement, c’est une belle manière de se différencier.

Si vous n’êtes pas des carnassiers, pas de soucis la carte propose un tas d’autres spécialités. Même si j’ai craqué pour l’assiette de l’apprenti qui est un « mixed-grill » tranquillement revisité et qui est une tuerie véritable. Ajoutez aux nourritures terrestres quelques flacons remarquablement choisis, il y a même quelques vins natures, quelques vins belges, bref, de quoi satisfaire les plus pénibles d’entre vous, parce qu’en ce qui me concerne, je suis plutôt satisfait et heureux d’y trainer parfois et je me considère, dès-lors, comme étant un pénible rasséréné.

Et puis, après votre repas, passez la tête dans le club qui jouxte le restaurant (Caliclub), vous y aurez peut-être l’une ou l’autre bonne surprise puisqu’il s’agit de la seule scène ouverte trois soirs par semaine dans la région bruxelloise, équipée de manière exceptionnelle. Bref, vous l’avez compris : on fonce sans attendre et, surtout, on fait silence pour conserver cette adresse pour quelques initiables…

 

Grand’ Route 234, 1620 Drogenbos. Tél : 02 377 52 88. http://calichezap.be

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