Il en va de certains restaurants comme de monuments, ils sont en place depuis tant de temps qu’ils sont devenus immuables. Personne ou presque ne parle d’eux, mais tout le monde connaît.

Dans la Belgique glorieuse de la fin des fifties, quand les routes n’étaient pas encombrées, quand les gens « s’habillaient » pour sortir, quand les voitures américaines ressemblaient à des paquebots, et consommaient autant, quand tout allait bien, le restaurant dont je m’en vais vous entretenir cette semaine ouvrait ses portes.

Depuis, rien n’a changé. Du moins au restaurant. Certes le cadre a été rafraîchit, les chaises changées quelques fois, une partie des clients renouvelée, même si certains, surtout le dimanche midi, semblent avoir connu personnellement le roi Léopold II. Le temps passe et le restaurant reste. La carte ne change pas. Et c’est un bonheur ! Car c’est pour ça et surtout pas pour autre chose que l’on y va. Ici, on en retrouve même sur l’enseigne, on vient pour manger, dévorer, se régaler d’une anguille au vert.

Un plat populaire par excellence, notre bouillabaisse, notre choucroute, notre pasta al pomodoro, notre paella à nous. Quoi de plus belgicain que ce poisson avec sa sauce aux herbes, un peu acidulée, chacun y allant de son secret et de SA recette originelle. Qui n’existe pas, puisqu’il s’agit d’un plat de pauvre qui s’élaborait avec les herbes que l’on trouvait sur le bord des rivières et des canaux où l’on péchait ce carnassier aquatique.

Chez Tissens on va pour ça et pour la côte à l’os, facturée selon le poids. On ajoute les frites, que l’on espère vraiment maison et au blanc de bœuf, et pour les ceusses qui font un peu attention on peut ajouter une salade verte toute simple. Pas de chichis, pas de fifelouf comme dirait l’agent Verhaegen.

Pour les amateurs de belles bouteilles, une des spécialités de la maison depuis longtemps maintenant se situe au niveau de la carte des vins. On y trouve des raretés à des prix très normaux. En résumé, c’est un petit morceau de la Belgique post expo 58, quand tout roulait qui fait bien mieux que survivre là depuis cette époque et si vous ne connaissez pas, c’est bien con pour vous parce que c’est vraiment bon.

Et le changement de patron il y a quelques temps s’est opéré tout en douceur, sans aucun changement, ce qui était la chose la plus intelligente à faire, sans avoir besoin de mettre des sets de table en cuir avec les couverts n’importe comment tous du même côté comme chez tout le monde. En fait, aujourd’hui, être un classique c’est être vraiment original. Foncez découvrir l’originalité de l’intemporel, vous verrez, vous adorerez.

Restaurant Tissens

Groenendaalsesteenweg 105

1560 Hoeilaart

tissens@skynet.be

02 657 04 09
www.tissens.be

 

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