Parfois, la timidité d’un créateur peut être mal interprétée par le public. Il ne faut jamais se fier à une première impression, surtout si elle n’est pas justifiée.

J’avais un jour mangé au cours d’un banquet à cette nouvelle adresse, et je n’avais pas été convaincu. Il faut dire qu’il n’est pas de pire condition pour juger un restaurant, donc je n’avais pas jugé quoi que ce soit et voilà. Puis j’avais eu le sentiment que le chef était distant. Bref, j’avais une idée fausse du personnage et, je le confesse, que cela nous serve à tous de leçon, il ne faut pas juger sans faire un brin de connaissance au préalable.

C’est donc pour cela que j’ai accepté l’invitation du chef il y a quelques jours pour un lunch. Y a-t-il meilleur moyen de comprendre un humain qu’en goûtant sa cuisine ? Et j’avoue que j’ai été subjugué par un festival de saveurs et de cuissons justes. L’ambition de l’homme est clairement affichée, il joue dans la catégorie gastronomique et il le fait très bien, sans concession.

Le saumon confit à l’huile d’olive en premier plat était superbe, les Saint-Jacques ensuite au même niveau, mais le filet de rouget et son jus d’arrêtes était carrément exceptionnels. Tant au point de vue de la cuisson, la peau était craquante comme une oronge et la chair moelleuse à souhait, qu’au point de vue de la sauce qui était puissante sans lourdeur, moelleuse et riche mais en finesse. Du très grand art. Le pigeon au BBQ en plat ne déparait la ligne superbe de ce menu.

C’est la cuisine d’un grand que vous dégusterez ici. Les assaisonnements sont justes, les cuissons parfaitement maitrisées ; les sauces bien tirées, le tout sans délires modeux et quinoesques. Que demander de plus ?

Au niveau du service et de l’accueil le maître d’hôtel et sa petite équipe font mieux qu’exécuter le travail ; ils donnent une âme à cette salle qui pourrait être ampoulée et écraser le visiteur qui viendrait pour une première fois. Laissez-vous aller à faire confiance aux vins proposés qui accompagnent le menu, c’est finement ciselé et parfaitement en accord. Le Grüner Veltliner qui soutenait le filet de rouget a aussi largement contribué à en faire le grand moment du repas.

Bref, vous viendrez ici pour une fête, un moment, pas pour discuter avec votre banquier car cette cuisine mérite qu’on lui prête attention, histoire de mieux découvrir le talent qui se trouve dans l’homme qui se cache derrière une certaine retenue.

Restaurant Bruneau by Maxime Maziers

Avenue Broustin 75

1083 Ganshoren

Tél : 02/421 70 70

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