Enfant terrible, sacré caractère, sale caractère, caractériel, intransigeant…j’en passe et des meilleures, tout ou presque a été accolé au nom de ce chef qui ne laisse personne indifférent. Suivez-moi.

On dit un tas de choses à propos de gens que l’on connaît mal et qui souvent ne sont pas des distributeurs d’eau tiède. Mais si, vous savez, ce métier terriblement à la mode où il est surtout question de ne rien faire ni dire qui puisse choquer qui que ce soit. En général à force de produire des choses sans aspérités on termine par ne plus plaire à personne et à être un courant d’air dans la maelstrom de l’actualité gastronomique. Oui, parce que paradoxe merveilleux de notre époque qui veut laver plus blanc que blanc et où toutes les minorités revendiquent le droit d’être des majorités, où le moindre faux pas voue aux Gémonies des réseaux sociaux pendant au moins quelques heures, où les conduites trop humaines ne sont plus tolérables sous peine d’être taxées de trucs en « isme », où l’on veut des mets sans goûts ni consistances respectueux de l’univers et recyclables, on aime quand même les gens qui font preuve de caractère. Parce qu’ils osent être simplement eux-mêmes ? Allez savoir, quoi qu’il en soit, Alain Bianchin est de ceux-là. Et sa cuisine est à son image. Elle tranche solidement avec le ronron ordinaire produit par la majorité des restaurants à vocation gastronomique.

La gastronomie est un peu à l’époque ce que la haute couture est à Primark…un truc fondamental et incompréhensible à la fois. C’est que l’aventure est complexe, et de moins en moins de nos contemporains sont formés à comprendre le contexte global de ce genre d’endroit. Il faut du personnel, du temps, des produits hauts de gamme, et un talent certain pour mettre le tout en musique. Certes, tout le monde croit qu’il est simple de cuisiner quand on regarde Top-Turbo-Touchemoilechef et autres programmes de télé-vulgarité traitant de cuisine. Mais il ne suffit pas de deux piercings, d’un joli tatouage, des quatre bracelets en cuir et d’une coupe de cheveux de joueur de foot pour faire un chef. Il faut du courage, du charisme, du talent et, tant qu’à faire, de la créativité.

Bref, comment vous dire que vous asseoir dans ce restaurant un peu improbable, sis à Notre-Dame-au-Bois, n’est pas une aventure anodine. C’est un moment hors normes, auquel il faudra consacrer un peu de temps. Non que le service soit lent, là n’est pas la question, mais simplement, il vous faudra consacrer du temps à coordonner vos neurones et vos papilles pour tout bien comprendre. Je vous rassure de suite l’homme ne se lance pas dans une cuisine d’apprenti sorcier, il se « contente » de mettre le produit en valeur. Vous me direz que c’est là tout l’art de la cuisine, certes, mais il y a des nuances et ici, c’est du genre qui laisse des souvenirs. Ajoutez à la dextérité du chef, un sommelier qui fait nettement plus que d’ouvrir des bouteilles, en fait il parvient à les assortir comme j’ai rarement eu l’occasion de le déguster. Sans flagornerie aucune, Benjamin Vasseur atteint des sommets que peu de ses collègues touchent une fois dans leur carrière. En fait, on sent entre les deux hommes une vibration, quelque chose qui tient de l’émotion dans les combinaisons.

Bref, amis lecteurs, foncez découvrir ce restaurant largement sous-évalué avant que tout le monde ne se refile son adresse.

Alain Bianchin

663, Brusselsesteenweg à 3090 Overijse

02 657 67 88

http://www.alainbianchin.be

 

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Comments
  • Peter
    Répondre

    Merci pour ce commentaire qui nous met l’envie d’y aller et de déguster 🙂

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