L’osteria, c’est le genre de restaurant devant lequel je passe depuis la nuit des temps ou presque et dont je n’ai jamais poussé la porte. Alors j’ai profité d’une invitation et de la présence de ma fille pour aller luncher.

Le cadre est du genre bordelo-barococco-magnifique. Mille et un objets, quelques photos, certaines plutôt érotiques, d’autres de stars, la partie centrale du restaurant abrite un coffre-bar de voyage, une malle à l’ancienne qui bien qu’immobile invite aux voyages intérieurs sur le flot des vapeurs d’alcool. Trois petites pièces en enfilade, un jardin qui doit valoir son pesant d’or dès qu’il fait supportable en extérieur. Un bel humour absurde affiché de-ci, de-là, comme l’avertissement à ne pas utiliser une porte à cause de l’oie méchante. Qu’il faut chercher un peu et qui est naturalisée sur le sol devant la dite porte.

Nous n’avons pas vu la carte, parce que le repas était fixé d’avance : artichauts au vinaigre frits en entrée, pâtes carbonara en plat et petit tiramisu en dessert. Pour le vin, j’étais d’accord avec la suggestion : de la Franciacorta pour accompagner la pasta. Simple et évident. C’est que le gras de la préparation, entre la joue de porc rissolée, l’œuf et le pecorino, demande beaucoup de fraîcheur en contraste, sinon tout le monde roupille en trente secondes. C’est une formule qui se nomme « le menù dell’oste » vin compris. Haaaaa il est grand le mystère de la carbo. Entre les cochonneries pleines de crème avec quelques lardons rachitiques qui donneraient envie de devenir vegan et la préparation sublime présentée dans une poêle directement à table, il y a autant de différences qu’entre Zaz et la La Callas, si vous voyez ce que je veux dire. Bon, il faut aussi accepter que les recettes traditionnelles n’ont jamais vraiment de vérité, leurs origines se perdent dans les tréfonds de l’histoire et les puristes peuvent s’empoigner pour une feuille de persil plat ou des échalotes pour un oui pour un non. Quoi qu’il en soit, celle qui est préparée à l’Osteria Romana est fort fort proche de l’idée que je me fais de ce que doit être une carbonara à la romaine. Et ces artichauts sont juste parfaitement superbes. Bref, au milieu des frimas actuels, s’attabler là c’est comme être un peu ailleurs, avec un rayon de soleil d’hiver qui fait briller les yeux des femmes devant les ruines du Colisée.

Un seul regret, le site internet est superbe mais seulement en anglais…c’est un peu pénible de nos jours à Bruxelles cette manie de tout mettre en anglais dans une ville a plus de 90% francophone. A la rigueur qu’il soit en italien, en français et en flamand. Mais pas en anglais.

Osteria Romana

Avenue Legrand 11

1000 Bruxelles

Tél : 02 648 13 95

http://www.osteriaromana.be

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Showing 3 comments
  • Laurent Moreau
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    A la lecture de votre critique de l’Osteria, je m’apprêtais à y aller toute affaire cessante mais vous avez juste oublier de mentionner un petit détail, les tarifs pratiqués !
    Pratiquer des prix pareils juste pour des pâtes, même de qualité, il faut être romain pour atteindre un tel niveau de prétention et oser se foutre des cochons de clients à ce point.
    C’est sympa de nous faire découvrir des adresses de qualité, insolites ou méconnues mais il ne faut jamais négliger d’avertir le lecteur sur le montant de l’addition car tout le monde n’a pas 65€ à dépenser pour un lunch !
    Merci.

    • Eric Boschman
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      Cher Monsieur Moreau,

      je n’ai pas indiqué le prix car, si vous vous êtes rendu sur place, la portion de pâte carbonata est vendue au poids et donc le prix est différent suivant la quantité commandée. Je vous rassure je n’ai pas plus que la majorité des gens les moyens de dépenser 65€ PP pour un lunch, ce n’est d’ailleurs jamais dans mes propositions.Les prix sur lesquels vous semblez vous baser sont ceux pratiqués à la carte, c’est à dire pour des portions nettement plus copieuses. Les artichauts sont à 18€, le tiramisu est à 12€, la coupe de Franciacorta est à 12€. Le prix moyen des pâtes carbo 😉 est à 24€. Ce n’est pas le prix du lunch, je tiens à vous rassurer. N’hésitez plus dès lors…

  • Rainer Bierwagen
    Répondre

    Des pâtes à 24 euro = trop ! On peut illico presto aller à la table de la Truffe Noire.

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