La Belgique brasse, beaucoup, les brasseries, même si le mouvement tend à se ralentir, éclosent comme des champignons après une pluie automnale…petit tour d’horizon de quelques nouvelles réalisations bien de chez nous.

Rappel de quelques faits à propos de la bière en Belgique

La consommation de bière est en baisse constante depuis trois décennies. Ce qui signifie que, pour les nouvelles micro-brasseries, l’avenir économique se situe quelque part entre le sacerdoce et la vie basée sur l’amour et l’eau fraîche. Où alors l’exportation, mais cela demande des moyens conséquents, des productions importantes, et des clients disposés à payer un rien plus cher leur bière. Certes, la baisse de consommation affecte principalement les blondes basiques, la disparition des lieux de vie tels les bistrots de quartier, l’interdiction de fumer, les diverses réglementations et lois édictées chaque jour, tout cela joue à un changement global des habitudes des consommateurs.

 

Pour nous la bière est juste une boisson, et même si nous buvons de plus en plus de bières spéciales a des prix relativement plus sérieux à la maison, nous n’achetons pas encore les bières très chères, le belge n’a pas l’habitude de payer les produits de consommation courante au-delà de leur juste valeur. Le rapport prix plaisir reste un fondamental en matière de choix. Même si la boboisation de la bière, un phénomène essentiellement urbain à l’heure actuelle, permet à certaines entreprises de tirer leur épingle du jeu, l’économie brassicole reste très fragile. Sachant que les deux acteurs principaux du marché occupent pas loin de 70% des parts de marché, que toutes les Trappistes produites chez nous, représentent 2% des mêmes parts de marché, qu’il y a quelques solides brasseries familiales qui trustent le milieu du classement, il reste assez peu de place pour développer une marque au delà des limites de la sympathie locale. Mais, heureusement pour nos papilles et nos neurones, il y a un tas de passionnés qui se lancent dans la production sans chercher autre chose que le plaisir de créer leur propre bière. Il n’y a pas encore autant de bières que de citoyens dans le royaume, même si le nombre de cuvée explose d’année en année…

 

Bière d’étiquette et bière de brasseur

S’il est bien un sujet brulant et complexe à comprendre pour le commun des mortels dont je fais partie, c’est cette rage qui habite une partie des producteurs vis à vis des gens qui font produire leurs cuvées par d’autres. LA bière est une recette avant tout, un savant mélange de céréales, de levures, de houblons, d’eau et d’épices même si ces dernières ne sont pas systématiquement utilisées. Lorsque l’amateur lambda se sent pousser des envies de production, il s’en va suivre des cours afin de comprendre et de se lancer dans les meilleures conditions possibles. Au départ il brasse dans sa cuisine, en toute petite quantité et puis, si la recette plait a son entourage, l’appétit viendra en mangeant et il voudra en produire un peu plus. C’est là qu’est l’os hélas, selon la formule consacrée ; car une installation de brassage coûte cher, très cher. Et trouver les moyens n’est pas toujours évident. Alors, on va voir quelques brasseries spécialisées dans la question et on fait produire « à façon ». La bière n’est pas pour autant moins bonne, elle juste un rien moins « impliquante » pour ceux qui ont fixé la recette. Que faut-il en penser ? Que c’est une querelle de spécialiste et que je ne suis vraiment pas assez compétent pour vous donner un avis clair et intelligent là-dessus, mais je goûte parfois des bières brassées par les producteurs qui sont mal faites et/ou infectées, et que je goûte parfois des bières dites « d’étiquette » qui sont fort bonnes. Le plaisir doit être votre seul arbitre, et dans le plaisir vous pouvez inclure la rencontre avec les gens qui sont derrière les produits, c’est avec eux que vous construirez votre attachement ou non au produit.

 

Neo Bières

Sous ce vocable, on trouve deux directions. D’une part les nouvelles bières, issues de nouvelles brasseries, qu’elles soient nano, micro, perso ou tout ce que vous voulez. D’autre part on trouve des bières « nouvelles », avec des produits différents, il y a des vagues, comme les IPA, les bières au Yuzu, avec des fleurs, du poivre, du piment, des herbes aromatiques et tout ce qui peut passer par l’imagination des brasseurs lorsqu’ils élaborent leur « soupe magique ». « The sky is the limit » n’a jamais autant été d’actualité qu’en ce moment !

La Phrodisiaque

Blanche rosée / 5,5% vol. / brassée à la brasserie du Renard

15/20

https://herbieriste.be

Nous évoluons aux limites classiques du monde de la bière actuelle. La Phrodisiaque me fait penser à ce que pouvait être une bière avant la standardisation des goûts contemporains. C’est terriblement original. Mais laissez-vous allez à ces nouvelles sensations, elles en valent la peine.

Bierylium

IPA / 7% vol. / Brassée à la  brasserie de Franchimont

15/20

bierylium@gmail.com/ facebook Bierylium

La robe est légèrement sanguine, on part vers les parfums d’une IPA mais en gardant uniquement le côté fruité et pas l’amertume des houblons. C’est assez délicat en bouche pour un 1eressaie, on peut dire que c’est un coup de maître donc vachement bon à boire.

Cuvée d’Orjo, abbaye de Flône

Blonde / 8% vol. / Brassée à l’abbaye de Brogne

15/20

http://www.abbayedeflone.be

On peut faire la flône et la flore, car il en faut peu pour être heureux. Cette cuvée d’Orjo attaque dans les arômes un peu agrumes, écorces d’orange, un peu de gingembre. La bouche est un poil plus réglisse en rondeur avec une petite touche d’amertume qui l’a fait durer longtemps.

Nelson

Ipa / 5,5% vol. / Brassée à la brasserie La Binchoise

15/20

brooz.brew@gmail.com

Quand je dis que la Nelson c’est mon fort, mes amis râlent. Ça c’est fait et j’ai même pas honte. Nelson est un gentil chien chien et une idée loufoque née dans une fratrie tout aussi loufoque. Il s’agit d’une IPA à boire entre copains pour bien faire la fête autour du barbecue pendant que les enfants se font piquer par les guêpes. Au nez c’est inratable, les parfums du houblon sont très clairs, très identifiables. Le gros avantage c’est qu’en bouche, nous ne sommes pas face à une IPA extrême mais bien en présence de quelque chose de joyeux à boire.

La robuste

Ambrée / 7% vol. / Brassée à la brasserie Elfique

14/20

http://www.elfique.be

Le quenya est une des deux langues elfiques. L’autre étant le hips lorsque l’on a abusé de robuste. Pour faire simple, vous passez la commande dans la première langue, vous terminez la dégustation dans la seconde. Le nez est plutôt épicé avec la touche caramel classique. Par contre en bouche, au départ ça paraît très léger et c’est là que ça se passe parce qu’alors ça dépote sauvagement. Le genre de bière qui vous fait tout bizarre, surtout à la 3è.

Vedett

Ipa / 2,7% vol. / Brassée à la brasserie Duvel-Moortgat

14/20

www.duvelmoortgat.be

Une vraie IPA, basse en alcool (2,7%), toutes les qualités d’une IPA, la densité aromatique, basse en alcool. Bref quelques chose d’extrêmement facile à boire, qui rafraichit très bien grâce justement à son amertume en fin de bouche.

Pils n’ Love

8,5% vol. / Brassée à la brasserie Millevertus

14/20

www.pilsandlove.be

Le nez gagne à l’aération, on a plus de miel, on a un côté tilleul qui apparaît. La bouche est construite autour de l’amertume. Pour une pils c’est une pils qui dégage mais pour une pils n’ love, ça doit certainement être très efficace.

Dikkenek

Blonde / 6,7% vol. / Brassée à la brasserie Belgoo

14/20

www.bieredikkenek.be

La dikkenek c’est un petit concentré de belgitude sur l’étiquette, de Brel à Annie Cordy en passant par Merckx, JCVD et Stromae et tout ça se retrouve enfermé dans une bouteille de 33 cl, peur de rien les gens. Au nez on part direction IPA, c’est un peu ça l’idée. En bouche, c’est un peu le même style. On vise plutôt une clientèle de bobos bruxellois, légèrement décalés mais je déconseille de la boire à la bouteille, dans un verre elle est quand même nettement plus intéressante.

Lion 5

Blanche / 5% vol. / Brassée à la brasserie Lion

14/20

https://www.brasserielion.com

Le nez est marqué par la touche citrus des houblons. En bouche, on a une petite pointe d’amertume en fin, c’est joliment équilibré avec une belle fraîcheur.

À mon sens, ça manque un tout petit de consistance mais ça se boit facilement sans trop se casser la tête.

Brabance

Blonde / 6,4% vol. / Brassée à la brasserie Valduc-Thor

13/20

https://www.brabance.com

Le communiqué de presse annonce fièrement qu’il s’agit d’une blonde mais au niveau de la robe et du nez, on est plus proche d’une ambrée. Au nez, on sent très bien l’orge, légèrement caramélisé, c’est assez dense, assez parfumé. La bouche est très marquée par l’amertume, même s’il ne s’agit pas d’une IPA. Elle est bien sèche, ce qui en fait une bière extrêmement très rafraichissante.

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