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Je ne vous apprendrai rien en vous expliquant que la cuisine japonaise est un des hits de ces dernières années dans les grandes villes du royaume. Mais il n’y a pas que les sushis et les sashimis, on pourrait dire bien des choses en somme…

Certes, les espaces de cuisine « japonaise » se sont multipliés presque autant que les pizzerias ces dernières années, même si l’immense majorité d’entre eux n’ont de japonais que quelques idéogrammes suspendus çà et là et une cuisine vaguement nipponne. Il ne faudrait pas croire que rouler du riz vinaigré dans un tapis ad hoc et coller une tranche de poisson c’est réaliser un sushi. Je ne vous parle même pas d’un sashimi qui demande bien plus de travail que bien des préparations parce qu’il faut connaître l’art de la simplicité.

La cuisine japonaise est parfois sublimement subtile, mais a des prix exorbitants tant les marchandises sont précieuses. Il y a aussi toutes ses cochonneries de pseudo-sushis proposés par des chaînes qui sont aux sushis ce que les vrais Bicky Burgers sont aux revendications égalitaristes féminines. C’est à dire au mieux de la daube…

Et puis il existe une autre cuisine japonaise, la populaire, celle des ouvriers, des plats roboratifs, pas forcément très délicats mais plein de saveurs. Un l’équivalent de nos stoemps et autres boulettes sauce tomate. Des trucs que l’on ne mange pas du bout des dents, des bols dont on se goinfre avec une bière japonaise, pas goûteuse du tout mais qui fait passer les pâtes. Des plats qui réchauffent, qui tiennent au corps et qui sont, en fait, tout à fait de saison. Ces bols sont servis dans des lieux qui tiennent plus du relais routier que du jardin zen. Et c’est parfait comme ça.

Chez Menma, le dépaysement vous prend dès la porte poussée ; c’est clair nous sommes dans l’Empire du Soleil Levant à défaut de celui des sens. Le service est sans fioritures, minimalistes, carré. Les plats aussi sont simples, mais cela n’empêche pas qu’ils soient savoureux. 3 entrées, 4 variantes autour des Ramens (prononcez les R en L si vous voulez faire semblant de parler vaguement local), il y a quelques autres bricoles de ci de là, mais l’essentiel est dit. Les variantes autour des Ramens sont au niveau des garnitures et de l’intensité du bouillon. Moi j’ai toujours eu un faible pour le porc pas trop épicé, et j’adore encore ça. En entrée il y a les gyoza, du poulet pané ou du porc froid aux petits oignons vert sur du riz vinaigré. Nous avons tout testé et, franchement, cette rusticité est réjouissante. Loin des mangeurs de « californian rolls fusion food » il y a encore des tas de gens qui se font plaisir simplement et c’est vachement rassurant. Comptez une vingtaine d’euros PP pour une formule lunch et une bière.

MENMA 麺真 St. Catherine  

Quai aux Briques 34

1000 Bruxelles

Tél 02 513 05 13

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