La quatorzième IGP Wallonne est née, vive l’Escavèche de Chimay !

Pour une immense majorité d’entre vous, voilà deux mentions étranges. Les explications arrivent…

Dans la longue file des IGP (Indication Géographique Protégée) les petites cousines des AOP ( Appellation d’Origine Protégée) on compte un peu plus de 1600 reconnaissances. L’ancêtre de toutes étant le Porto en 1756. Pour d’aucun ce genre de chose est anachronique et va à l’encontre du progrès, de la liberté individuelle et de la libre concurrence. Peut-être, pourquoi pas même ? Mais du point de vue du consommateur, c’est une garantie quand aux ingrédients utilisés et la zone de fabrication.

Oui, une pipe d’Ardenne doit être travaillée entièrement en Ardenne. Il en va de même pour toutes les IGP, elles ont un territoire d’élaboration bien déterminé. Et j’avoue que j’aime ça. J’aime savoir d’où viennent les choses, comment elles sont faites et que tout cela soit contrôlé. Au rythme où roule le train fou de l’industrie agro-alimentaire avec son corolaire de propagande distillée savamment par les réseaux sociaux directement dans les cerveaux de gens moins au fait des réalités du terrain, l’IGP et l’AOP sont des rails de sécurité qui empêchent l’utilisation outrancière de notions populaires.

Un Camembert AOP est souvent moins cher qu’un Camembert de marque qui ne sait même pas où se trouve la Normandie. Faites le test, vous verrez.

Cette fois c’est l’Escavèche de Chimay qui est protégée.

Drôle de sort pour une recette qui est un résidu de l’occupation espagnole. C’est à dire avant-hier matin. Le paradoxe étant que nos chers envahisseurs l’avaient reçue des Maures à l’époque où ils occupaient toute l’Espagne ou presque. Mais les Maures la tenait des Perses… Oui, l’histoire de la gastronomie se joue allègrement du temps et des frontières géopolitiques.

Cette « conserve » a évolué avec les siècles, chez nous elle ne concerne que le poisson, alors que chez les Ibères et les Lusitaniens , elle s’utilise même pour des gibiers. Seul bémol à mes yeux, c’est que « notre » escavèche, telle qu’elle est reconnue maintenant, se fait avec de l’Aiguillat, un poisson de mer, alors qu’à l’origine elle ne concerne que des poissons de rivière. Mais je chipote, en fait je suis bien content, cela met un peu en lumière cette magnifique « Botte du Hainaut » si chère à mon cœur.

Manger une escavèche avec des frites, à Toutvent, sur les hauteurs de Sivry, là où la France et la Belgique se confondent, c’est un bonheur tout simple et tout doux. Allez, cela vous donne une raison de plus de découvrir la Wallonie profonde, foncez !

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Comments
  • Pierre Delobbe
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    Bravo à Benoit Falice et son épouse Nora Mihoub restaurant de l’Eau Blanche à Lompret.

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