L’homme qui a vu l’Our

Maxime Collard est un chef comblé, mais surtout un chef entreprenant. Il est discret, presque effacé, mais ne vous y fiez pas, c’est un battant, le genre d’homme qui avance sans faire de bruit, un peu modèle force tranquille que rien ne peut arrêter. C’est que bon, il faut déjà oser le pari de s’installer au bout d’une route qui mène aux confits du royaume, certes, il y a aussi dans le même village un constructeur bien connu du paysage wallon qui génère pas mal de mouvements et aide bien à faire fonctionner quelques beaux établissements du coin, mais cela ne justifie pas tout.

Maxime réussit un pari que peu d’autres que lui auraient pu oser. Oui, je sais, l’Eldorado luxembourgeois draine de la clientèle et tout ce que vous voulez, mais pour tenir loin de tout, seul le talent compte. Pardon, le talent ET le travail, parce que du talent sans travail, comme disait Sacha Guitry, c’est juste une sale manie. On arrive dans cette longue bâtisse en pierres grise du pays un peu comme dans une maison de famille où l’on se rendrait génération après génération, un endroit où les murs raconteraient des histoires. Certes, cela « sent » encore un peu le neuf, et le temps donnera à la salle une patine encore plus familiale, mais l’on y est déjà bien. Je hais ce mot valise inventé par les bobos dans les années 90 qu’est Bistronomie et qui sert à camoufler dans 95% des cas la vacuité de la cuisine proposée. Je hais ce mot parce qu’il est réducteur et implique souvent dans la tête de nos contemporains une ribambelle de clichés lourdingues et mijotés à la n’importe quoi. Ici, c’est le chef qui qualifie son endroit comme tel. C’est son choix, mais il est vraiment au-delà de cette caricature croyez-moi.

Faites un saut sur le site de la maison, parce que la cuisine du chef suit le temps qui passe et qu’elle varie, vous verrez que le menu à 35€, vous avez bien lu, est superbe, que le lunch à 23€ (entrée/plat ou plat/dessert) est du même tonneau, et si vous êtes sages, offrez-vous une chambre pour compléter votre bonheur. Et puis, si vous avez un truc à fêter, ou juste envie, offrez-vous donc un repas du soir à la table de Maxime, le navire amiral de la flottille des rives de l’Our.

J’allais oublier que la carte des vins est vraiment bien foutue, originale, pleine de perles bien tarifées, bref, l’automne est là, le cerf brame au fond des forêts, c’est le moment de foncer pour voir les feuilles offrir un dernier baroud d’honneur en ayant l’air de flamber sur les arbres. Si Françoise Sagan avait connu les terrasses de l’Our, je suis certain qu’elle n’aurait jamais essayé de savoir si on aime brame…

Les terrasses de l’Our

Rue de Lesse 1 – 6852 Our (Paliseul)

Tél.: 061 24 20 00

Ouvert du jeudi au lundi inclus

http://www.maximecollard.be/nl/les-terrasses-de-lour/

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Comments
  • Fraselle
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    Bonjour Eric, super article, bien résumé.
    J ai l habitude d y passer également , Max est un gars sympa et un chef avec un grand C.
    Mérite bien l’étoile .
    Pat

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