In Le rosé, Le vin

Les Bourgeois, c’est pas toujours comme les cochons…

En matière de vin, l’Europe à développé avec beaucoup de constance un système de nomenclatures plus ou moins complexe et pas toujours évident à comprendre pour le commun des mortels. Voici un nouvel avatar de la chose, accrochez-vous.

Pour faire simple, il faut commencer par un peu d’histoire. La plus vieille appellation d’origine contrôlée du monde se trouve au Portugal. Le Douro est le berceau du Porto et on a fixé l’aire de production ainsi que la façon de faire en 1756. Presque deux siècles avant les premières appellations françaises, pour avoir un ordre d’idée. C’est dire si le phénomène est ancien dans nos têtes. Pourtant, force est de reconnaître que pour l’essentiel d’entre nous, c’est toujours un peu complexe. Et je suis peut-être un peu en dessous de la vérité quand à la complexité. Il faut bien le reconnaître, nous nous perdons tous dans les méandres des classements et autres délimitations géographiques des pinards européens. Bordeaux, par exemple, que nous avons tendance à limiter mentalement à son nom comme à une marque, est divisé en une petite soixantaine d’appellations, sans compter les classements et autres distinctions plus ou moins locales.

Il y a quelques jours, se tenait à Bruxelles une rendez-vous/dégustation/présentation du millésime 2013 des Crus Bourgeois du Médoc. Bon, la notion de millésime, vous voyez tous ce que c’est. Et 2013, c’est…comment dire, un peu pas le plus excitant des millésimes du siècle hein. Mais il faut le boire, y’a pas à tortiller, d’autant que les chinois ne semblent plus avoir très soif en ce moment. Certes, il reste bien les américains du Nord, mais même eux pourraient comprendre qu’il y a baleine sous gravillons au niveau de la structure des vins. Mais, franchement, ce n’est qu’un détail, une année c’est fait pour passer. Par contre, là où j’y ai perdu mon latin c’est quand il nous à été annoncé que cette mention (car ce n’est pas une appellation) dont la Belgique est le plus grand marché mondial, investissait une somme colossale sur la marché chinois mais pratiquement rien chez nous. Mais c’est encore un détail. Par contre là où on semble se diriger vers un joli marchage sur la tête, c’est quand il est annoncé la (re)création d’une nouvelle catégorie de Cru Bourgeois. Les Crus Bourgeois Supérieurs. Heu… pour faciliter la lecture des vins aux néo-consommateurs assure-t-on du côté de la Gironde. Déjà que le consommateur belge moyen, qui est réputé connaisseur, n’y pige absolument rien. Il faut dire que Cru Bourgeois recouvre une série d’appellations géographiques et puis pas grand chose d’évident pour le commun des mortels, alors imaginez vos appels aux secours lorsque vous serez confrontés à ces nouvelles étiquettes dans les linéaires des grandes surfaces…

Ha, simplification n’est pas un mot évident à toutes les cervelles de la planète hein. Remarquez, moi ça m’arrange, j’ai encore du travail en perspective pour tenter de démêler l’écheveau pinardier afin de vous le rendre digeste. En fait, c’est une bonne nouvelle ce nouveau machin ! Allez, résonnez Hautbois, sonnez Trompettes…

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