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Le Porto, la Tchédeur, les nénènes…

Il m’arrive souvent durant le spectacle, plutôt vers la fin, de demander au public s’il croit aux vins cuits. Et la réponse est en général vachement positive pour moi, j’ai encore au moins un à deux siècles d’évangélisation devant moi…

C’est que le concept du vin cuit, cela dit en passant, je suis bien en peine moi-même de vous expliquer les raisons de cette croyance. Bref, tout cela pour dire d’une part que cela n’existe pas et d’autre part que le Porto est un vin muté. C’est à dire un vin dans lequel on ajoute de l’alcool pour arrêter la fermentation. Alcool de vin non transformé actuellement ce qui n’était pas le cas il y a plus d’un siècle. Le Porto est un mythe, et le Belge est dans le top trois mondial des consommateurs de ce vin doux naturel.

 

Qui n’a pas encore visité la vallée du Douro n’est pas vraiment au courant de ce qu’est ce vin hors norme qui défie le temps. Les versants vertigineux arrachés à la vallée s’enchaînent sur des kilomètres et des kilomètres sans cesse, étalant les terrasses presque comme ces rizières qui colonisent le moindre centimètre carré y compris le sommet des collines en Asie. C’est à couper le souffle.

Chaque pierre est épique tant elle a demandé d’énergie pour être là où elle se trouve. Les hommes ont façonné chaque terrasse, chaque murette, chaque marche d’escalier à la main. Le bois est tellement rare dans le coin que l’on façonne même le schiste pour en faire les piquets de palissage. Bref, c’est une version bien juteuse de l’enfer de Dante qui s’étale devant les yeux du promeneur.

 

Au pied de ces œuvres humaines dignes d’Abou Simbel coule le Douro, fleuve qui prend sa source dans l’Espagne voisine mais qui a taillé la terre portugaise à la manière d’une série de grands coups de hache.

 

Longtemps le fleuve a été le seul lien entre les habitants du haut de la vallée et les villes jumelles du bord de l’estuaire, Porto et Villa Nova de Gaïa. Dans l’une, on élabore aucun vin éponyme, normal vu que c’est la capitale d’une région vinicole différente, dans l’autre, on laisse vieillir à l’aise et on met en bouteille.

 

Pour nous, Belges, le Porto se boit surtout « tchède », à température de pièce festive, chez nos nénènes à l’occasion des fêtes de fin d’année, de préférence accompagné d’une poignée de chipito. C’est biesse, parce que le porto est un vin hors normes parfait pour les desserts au chocolat, les fromages bleus, les gibiers lorsqu’il s’agit vintage ou d’une vieille colheita, les cigares, lorsqu’il s’agit d’un vin de contemplation. Bref, c’est un vin de fin de repas, de moments de bonheur divers et variés, mais pas du tout un apéritif. Ouvrir l’appétit avec un vin tel que celui-ci est un peu une dinguerie sans nom. Même si on aime ça.

 

Le flacon que je vous offre aujourd’hui, enfin que la maison Cruz et son importateur en Belgique, la société BRUGGEMAN, vous offrent ; est un assemblage de vins datant du XIXème siècle, issus de vignes préphylloxériques…et de millésimes exceptionnels du XXème. Pour célébrer dignement les 130 ans de la maison « Cruz », on a mis les grands plats dans les très grands. Et c’est peu de l’écrire.  L’œnologue en chef de la maison s’est fait plaisir, chaque carafe est mise en bouteille à la main et présentée dans un coffret en noyer digne de l’événement à marquer.

CONCOURS

Allez, un peu de boulot les gens, pour participer vous devez impérativement être abonné avant la date du 5 décembre 17. Il va falloir répondre par mail ET UNIQUEMENT PAR MAIL : mp@ericboschman.be

Trois questions et une subsidiaire pour avoir l’air d’un vrai concours 😉

  • De quelle région viti/vinicole Porto est-elle la capitale ?
  • En quelle année l’appellation Douro a-t-elle été déterminée (protégée) pour la première fois ?
  • Quel est le nom du chef œnologue de la maison Cruz qui est à la base de l’assemblage du Gran Cruz
  • QUESTION SUBSIDIAIRE : Combien de bonnes réponses recevrons-nous avant le 14 décembre 2017 à minuit ?
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Showing 2 comments
  • Greg
    Répondre

    En visitant les Quintas du Douro j’ai appris – mais tu dois le savoir? – que l’origine de l’expression ‘vin muté’ venait de l’anglais ‘to mute’, parce que l’adjonction d’alcool met les bruits de fermentation en sourdine. Elle me plaît bien cette explication!

  • Olivier
    Répondre

    Salut fieu.
    Ca tu sais bien hein, moi je veux déguster et pas jouer.
    Alors ousque je peux le trouver le deshabiller le saliver ce colheita 85. ?
    Merci.olivier.

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