Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais j’ai depuis toujours une certaine tendance à la rêverie lorsque je lis les destinations des bus dans nos villes. Ainsi, lorsqu’à Charleroi, je lis « Transvaal », j’imagine le chauffeur et ses passagers en route pour trois semaines de voyage au cœur de l’Afrique.

Il y a aussi un endroit portant le même nom à Auderghem, et je présume sans prendre beaucoup de risques, qu’il y en a dans toute la Belgique, tant qu’il en reste une. Drôle de nom qui fait référence à une province, qui devint un état, avant de redevenir une province et de carrément disparaître depuis 2010. Aucun rapport avec le Congo ni d’hier ni d’aujourd’hui, à moins que cela ne fasse référence à une expédition militaire belge dont je ne trouve pas trace. La question reste donc à creuser. Si vous connaissez la solution de mon énigme du jour, envoyez là au bureau du journal, j’en serai fort aise. Forte récompense à la clef comme il se doit dans ces cas-là.

Quoi qu’il en sera du Transvaal, il s’agit aussi d’un micro restaurant situé à deux pas de la future promenade Herman Debroux, dans un quartier plutôt cossu, donc très calme, du Sud de Bruxelles.

Ancien élève de l’école hôtelière de Namur, Raphaël de Sadeleer a pas mal roulé sa bosse, de chef privé pour une célèbre productrice de cinéma française, à la Winery en passant par « Le Monde est Petit » l’homme est de ces chefs dont on ne parle pas assez.

Un vrai, un humain, avec des tripes et une cœur gros comme ça. Un gars qui n’utilise pas de pince à épiler pour dresser ses assiettes, qui travaille des produits de saison. Oui, je sais, cela fait quarante siècles que c’est le discours des chefs, mais souvent c’est du gentil pipeau.

Ne fut-ce que parce que les clients ne connaissant pas la saisonnalité des produits, et qu’ils ont oublié qu’il n’y a pas de tomates toute l’année.

Par exemple. Ici, dans ce micro-restaurant, en fait une ancienne boucherie à voir la porte des toilettes, on mange ce que le chef propose. Pas de carte avec soixante propositions, c’est le truc du moment, de l’envie. Et c’est juste parfaitement génial. Allez, je m’emporte un peu, génial est un peu too much, mais c’est une forme de bonheur serein que je ne rencontre pas assez souvent dans un restaurant ces dernières années.

Un gars, bien dans ses pompes, qui s’occupe de choisir ses vins en fonction de ce qu’il aime, pas en fonction de la mode. Bref, quelqu’un qui a compris une fois pour toute que la mode soit on la crée, soit on vit heureux et loin d’elle, soit on n’est qu’un pauvre suiveur. Devinez où il se situe ? Bon, dernière recommandation avant de vous y rendre : RESERVEZ. Parce que sinon, vous allez râler, ce qui serait bien bête nous sommes d’accord là-dessus.

PS : Aux beaux jours, si si cela existe, il y a une jolie terrasse aux tables jaune pétard qui incite à prendre une après-midi de congé pour convenance personnelle. Ajoutez à cela que le lunch, entrée/plat est à 20€ et change tous les jours…et vous serez forcément absent du boulot.

Le Transvaal

Av. Joseph Chaudron 40

1160 Auderghem

Tel : 02 660 95 76

Lundi – Vendredi: 12.00 – 14.30

Mercredi – Vendredi: 18.30 – 22.00

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Comments
  • Alex
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    Bonjour,
    En passant, l’utilisation de l’appellation « Transvaal » se réfère à la sympathie que portaient les belges francophones (tout comme les français) à la cause Boer lors de la guerre éponyme contre les anglais les ayant chassés vers l’intérieur des terres. On retrouve un usage similaire de Transvaal désignant un quartier du grand Namur, comme également dans la dénomination d’un autre village namurois, Belgrade, appelé ainsi en souvenir du siège de la ville de Belgrade en (future) Serbie, se terminant par la victoire des Hongrois sur les Turcs. En ces temps de raccourcis, il est peut-être indiqué de mettre en garde contre les anachronismes: cela ne signifie pas que les belges de cette époque étaient pour l’apartheid ou congénitalement islamophobes… Les méchants de l’époque étaient *vraiment* les anglais qui chassaient les fermiers Boers, et les Turcs passaient vraiment par le fil de l’épée les infidèles…

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