Charleroi est devenue en quelques années le Phénix des hôtes de ces bois. La ville est indéniablement apparue comme la capitale culturelle du royaume, c’est là que les choses bougent vraiment. La rénovation du bas de la cité a entrainé une relative gentrification des quais de la Sambre et quelques endroits nouveaux y ont vu le jour ; en route les gens !

La Manufacture Urbaine est de ceux-là. ça bruisse à qui mieux mieux à propos de ce lieu multimodal, qui se partage en deux espaces distincts si j’ai bien tout compris. Lors de mon passage, je me suis attablé à l’Atelier de LaM.U. Au départ j’avais cru que cela s’écrivait Man.U et je me suis dit que c’était gonflé dans la ville des Zèbres, puis j’ai vu et j’ai compris. L’Atelier est un endroit bobo comme on en trouve dans les grandes villes du monde ; c’est intelligent, dans l’air du temps et une excellente idée à Charleroi. On y brasse de la bière, avec une partie des drèches (les résidus solides des céréales après brassage) on fait du pain, on torréfie du café, on y cause, on s’y donne des rendez-vous culturels…

Avec les bières élaborées sur place, on fait même un pâté. Bref, c’est bien foutu, plutôt bon et cela donne un petit côté newyorkais à cette ville qui longtemps fut comparée au Chicago de la pire époque. Il suffit de déambuler un peu dans les rues adjacentes pour percevoir le frémissement de ce nouvel élan. L’intelligence de la chose c’est que cela se fait sans perdre cette proximité typiquement carolo. Ce ne sont pas les scories du passé qui s’attardent ; ce sont les racines de la ville qui s’étalent au regard de tous.

Pour en revenir à l’Atelier, nous étions mon camarade et moi assis à une table haute jouxtant l’entrée permettant de regarder tranquillement les vas et vient de la clientèle bigarrée allant de jeunes bobo-hypster-tatoués-piercés, on leur pardonnera ce léger décalage temporel avec les tendances actuelles, aux dadames propres sur elles fraîchement permanentées en passant par un ou deux hommes au regard noyé dans les brumes d’un ailleurs aux degrés plus élevés. Mais hors de la caricature, la clientèle est plutôt trentenaire, souriante et avide de ces nouveautés.

Nous avons pris une dégustation de quatre des bières élaborées sur place. Annoncées en galopins de 10 cl, elles sont arrivées en verres bien plus grands, et franchement je ne suis pas allé au bout. La générosité carolo à mon estomac pour limite. J’ai adoré la Carolo Pils Zebrée, c’est superbe, fin, équilibré. La Bancloque est très épicée, une ambrée qui tient bien en bouche. La CharleRoy350 est une triple qui dégage bien sa race, un peu costaud pour un midi, mais bien bonne pour une fin de journée. J’ai moins aimé l’IPA des Quais, mais bon, on ne peut pas tout aimer non plus. Nous avons mangé une tranche de pâté à la bière en entrée. En plat, le Hot-Dog de LaM.U : saucisse du boucher, choux lacto-fermenté, moutarde et sauce BBQ. Impossible de manger le tout, la portion est généreuse et franchement pour 12€ c’est bien servi.

Bref, une belle adresse pas chère du tout à découvrir, dans une ville qui mérite que l’on s’y attarde, loin des clichés que les autres Belges se plaisent à y accoler.

L’atelier de LaM.U

Rue de Brabant 2

6000 Charleroi

Tél : 071 30 60 13

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