Quand il me brasse de ses bras, qu’il me parle tout bas, je bois la vie en rose…

2020 Annus horribilis, stade terminal, c’est fini on passe à autre chose. Car la nature de l’humain est ainsi, l’optimisme est une de nos qualités essentielles. Ce n’est pas le moment de faire les oreilles de veaux trop cuites, il faut aller de l’avant, serrer les coudes de celles et ceux qui sont au bord du chemin et que tout le monde avance vers du meilleur. Vers un monde rose, un peu comme le pelage des petits poneys. C’est mon signe zodiacal. Ascendant Bisounours de type gros câlin.

Ce qui me trouve enclins à tout pardonner à tout le monde. Même aux brasseurs qui balancent de la bibine rose, édulcorée, aromatisée, sans autre intérêt que de créer leur richesse.

Certes c’est une chose normale que de vouloir s’enrichir, mais faut-il que ce soit forcément à tout prix ?

Dans un monde qui évolue rapidement, ne faudrait-il pas ajouter un peu de conscience dans le bizness ? Peut-être pas à parts égales, ce serait trop dur pour un tas de gens, mais en une proportion sapide ?

Je ne suis pas un super expert en matière de bière, mais j’en déguste beaucoup bon an mal an. Et j’en tire une vague conclusion, allez, disons un point de vue : Le monde de la bière en Belgique est de plus en plus clivé. Entre les grosses boites et les autres, le fossé s’agrandit à vue d’œil.

Oui, la majorité des consommateurs se limite à quelques marques auxquelles elle est inféodée, sans réfléchir plus loin que cela. Puis une large part de la clientèle se fout comme d’une guigne des évolutions de la bière tant qu’il y a du sucre, des arômes et que ça mousse.

La consommation change pourtant, elle se fait à domicile de plus en plus souvent, et dans des conditions pas forcément optimales, sans les avis des professionnels. D’un autre côté la bière est devenue un symbole social chez les bobos, elle doit être « particulière » compliquée même.

Elle se boit entre gens qui comparent les vertus respectives des unes et des autres, zappant allégrement entre les producteurs. Producteurs qui, pour capter l’attention de ces clients infidèles par définition, se lancent dans l’élaboration de multiples cuvées sans queue ni tête sauf l’idée de capter l’attention des dégustateurs.

A tenter de comprendre certaines gammes on a le sentiment de se retrouver coincé dans les programmes complets des télévisions par satellites.

Pour tenter de décrocher le Graal économique, on rivalise « d’originalités » Avec souvent des choses incompréhensibles qui ne vivent fort heureusement que le temps d’un brassin. Bref, la bière est de moins en moins uniforme.

C’est une excellente nouvelle. Faut-il pour autant produire des bières au cuberdon et d’autres couillonnades du genre qui sont destinées à un public plus jeune et plus féminin ?

Quel mépris pour les jeunes femmes en fait. Une Kriek, une framboise devraient être produites dans un cadre bien précis, et pas ressembler parfois à une grenadine à peine pétillante.

Oui, je sais, il y a des consommateurs pour cela et ce serait bête de louper ce créneau. Il y a bien des gens qui achètent le bruit d’Aya Kamura. Mais si c’est le seul but de la production, il y a un tas de métiers qui paient mieux.

Les brasseurs ne devraient-ils pas se poser des questions et tenter susciter d’autres envies chez leurs clients ? Allez, j’ai envie de le croire, de voir la vie en rose…

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