dans Restaurants

Il en est des restaurants comme du reste du monde ; ceux qui font le plus de bruits ne sont pas toujours les plus intéressants…

Il y a longtemps, bien trop longtemps en fait que je ne m’étais plus attablé dans ce restaurant devant lequel je passe régulièrement.

C’est un peu comme un bibelot que l’on possède depuis longtemps, on y tient, mais on ne le voit plus vraiment avec les yeux de Chimène. (Pour ceux qui se demandent ce que la Badi vient faire ici, gagnez du temps et dirigez-vous directement vers les programmes télés sans passer par la case départ et ne recevez pas 200€). Tout ça pour expliquer que j’avais presque honte, la tête basse et tout et tout quand j’ai repoussé la porte d’entrée et écarté le rideau coupe froid. Un peu comme dans les feuilletons d’avant Netflix. Les choses se sont passées comme si je n’avais jamais été absent. Un peu comme quand vous regardez Amour, Gloire et Beauté, entre les épisodes 2453 et 6578, il ne se passe rien de fondamental et vous n’avez rien loupé.

Le sourire de la patronne illumine toujours les petites salles, le service est toujours mesuré, feutré, efficace et précis. La carte des vins est toujours magnifique dans son genre, pleine de trouvailles, de vins à des prix extrêmement doux et ce n’est rien de le dire. Pas de vins trop bizaroïdes, on fait dans le solide, le vrai, l’authentique. En résumé : pas dans la mode. La patronne fait sa carte en fonction de ses envies, de ses coups de cœur, et c’est une vraie carte, comme j’aimerai en voir tellement plus souvent.

Au niveau de la cuisine, ne venez pas ici pour brouter un peu de kinoabiofairtradegarantisansglutennilactose, c’est pas le genre de la maison. On vient ici pour un ris de veau de derrière les fagots, en ce moment il est aux écrevisses ; ou un chateaubriand, même pas maturé, pour deux, avec une choron ou une béarnaise maison qui en remontrerait à plus d’un pot habitant dans des endroits nettement plus prestigieux.

En entrée ma cervelle d’agneau sauce tartare était fondante comme un vrai bonheur. Ma convive s’est délectée d’un feuilleté soufflé de petits gris de Warnant aux chanterelles, beurre à l’ail et aux herbes, présentée à la manière de la soupe VGE qui embaumait toute la salle et dont le goût valait largement le plumage. Je ne vous parlerai pas du dessert, je n’en prends presque jamais et je n’aurai pas pu. Bref, voilà un restaurant de quartier, qui existe depuis plus de vingt-cinq ans, ce qui, à l’heure actuelle ressemble furieusement à une performance.

Ajoutez à cela une tarification plus que décente, comptez plus ou moins 60€PP y compris deux coupes de champagne à l’apéritif, une bouteille d’eau, une bouteille de vin et deux cafés. Franchement, ne faites pas comme moi, ne passez pas devant sans y entrer, ce serait une biestrie et vous auriez gâché une belle occasion de vous rendre heureux, ce qui, aujourd’hui, est encore plus précieux que jamais

La Canne en ville

Rue de la Réforme, 22 à 1050 Bruxelles

Tél : 02/347.29.26.

www.lacanneenville.be

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Comments
  • Van de Woestyne
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    Bonsoir,
    Chouette article sur la Canne en ville.
    Valeur sûre en toute saison , accueil souriant, bref mon resto préféré à Uccle.
    Concernant Woluwe connaissez-vous Jules et Charles , rue Charles de Trooz également ?
    Bien à vous.
    Catherine van de Woestyne

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