L’été sera chaud et, cette année, il devrait

se situer vers le 23 juillet dans l’après-midi. Mais ce n’est pas encore confirmé, c’est la sœur du fils du cousin de la concierge de ma femme de ménage qui l’affirme après avoir lu l’avenir dans

du marc de Wallonie ; c’est certain à 45 % Vol.

En parlant de marc de Wallonie, je ne sais pas si vous le savez mais l’opération portes ouvertes dans les brasseries, distilleries et domaines viticoles de chez nous se déroulera le week-end des 16 & 17 juin 2018, gageons que ce sera un succès! L’engouement des Wallons pour ses produits est réel et la politique de reconnaissance et d’achats de proxi- mité mise en place depuis quelques années semble réussir. Oui mais, car, bien entendu il y a un mais, sinon cela ne serait pas une histoire de chez nous.

Il y a peu j’ai été consulté par une commune qui voulait mettre en valeur la gastronomie et les produits locaux au travers d’un label qualitatif qui posait comme condition préalable à son attribution aux commerçants de bouche, l’usage courant d’au moins dix produits de chez nous tant en cuisine que dans les boissons en limitant à une seule bière afin de ne pas se retrouver avec 10 bières et rien d’autres. Or, il se trouva que les deux plus belles enseignes de ladite commune avouèrent n’utiliser que des produits en provenance de Rungis … Pas UN seul produit belge, même pas wallon, et que franchement ils n’avaient pas l’intention ni l’envie de changer leurs habitudes.

Une fois encore j’ai des envies de distribution de baffes qui me démangent le bout des phalanges. Tout le monde parle de préservation de la planète, d’un réseau social d’humains, de produits plus ou moins BIO, de saisonnalité, de proximité, et je m’aperçois que ceux qui s’en foutent comme d’une guigne sont les prescripteurs quotidiens. Un mail- lon fondamental dans la création de notoriété pour nos produits. Nos restaurateurs « stars » seraient-ils tellement déconnectés des réalités du quotidien qu’il leur faudrait systématiquement avoir recours à ce qui vient de Paris parce que c’est forcément mieux ? Ou, simplement, parce que c’est beaucoup plus facile, parce qu’il ne faut pas se bouger pour aller trouver et chercher LE produit et que tout est livré à domicile ? Parce que la passion du produit c’est juste bon pour les interviews et les discours de circonstances ? Allez, oui, je vous l’accorde, j’exagère un peu, tous ne sont pas comme cela, certains jouent le jeu et passent moins de temps avec leur coach sportif et sont plus chez les producteurs que les autres.

Mais ne serait-il pas temps pour cette profession, ô combien ingrate et exigeante, de passer du statut de pleureuse contre les avanies de l’état à maillon de la construction, de la constitution même, d’un renouveau alimentaire wallon ? Et, quoi que l’on en dise, les filières courtes, l’agri- culture de qualité à besoin de stars pour exister aux yeux du très grand public qui n’a pas encore osé prendre le temps de franchir le seuil d’une exploitation. Et si ces cuisiniers n’offrent que leurs dédains des dons de la nature, ils ne méritent certainement pas le statut «d’artiste» que la rumeur populaire leur attribue bien trop facilement et souvent. Je rêve d’un jour où tous les établissements gastronomiques dignes de ce nom ne proposeront plus que du beurre local sur leurs tables. Ce sera déjà un énorme pas de franchi, le reste ne sera plus que de la gnognotte à accomplir… Allez au restaurant cet été, et faites la remarque au restaurateur à chaque fois que l’on vous proposera du beurre pas local avec votre pain ; ce n’est qu’un détail pour vous, mais pour moi cela veut dire beaucoup !

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  • Jacques J.
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    C’est très bien de nous dire ce qu’il faut faire chez nos restaurateurs « préférés », c’est aussi très bien de nous dire que certains « grands » se fichent comme d’une guigne du local, bio, circuit court etc. et qu’il faut les condamner.
    Mais si vous ne nous dites pas où ni qui, il ne nous sera pas possible de sanctionner ces deux maisons et votre article sera en partie une peine perdue, un coup d’épée dans l’eau courante …
    Parce que même le beurre est généralement mis à table dans un pot anonyme, avec un pain baguette surgelé « cuit dans la maison » !

    Conclusion générale : il est urgent de créer un label général « fait maison avec des produits locaux en circuit court », avec un cahier de charge exigeant.

    • Maria Papadopoulos
      Répondre

      Cher Monsieur,

      Cela fait plus de 10ans que je me bats pour ça…

      Qui sait un jour peut-être, nous y arriverons 😉

      Merci à vous.

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