Je me souviens de l´odeur fade et chaude

De notre classe calfeutrée

Des premières lueurs pâles de l´aube

A travers les vitres givrées

Je revois les yeux tendres et les visages tristes

Qui autour de moi écoutaient

Et pendant les leçons dans mon coin je rêvais

Seuls les plus de pffffffff je n’ose pas imaginer, peuvent se souvenir des paroles de cette jolie ballade hivernale de Gerard Lenorman. Oui, je sais, commencer l’année en jouant au dinosaure n’est pas un gage d’avenir radieux. Qu’importe, dans une époque où il est compliqué d’imaginer l’avenir, le passé est presque rassurant.

Z’avez vu le temps dehors ? C’est un coup à rester confiné tranquillement bien au chaud chez soi, les pieds sous le chien, une couette bien épaisse sur les genoux et quelques buches qui crépitent allègrement dans l’âtre. Oui, je sais, ça fait un peu cliché. Mais j’aime bien, et puis c’est la période des cartes postales, autant être de saison. Tout ça pour en venir au sujet du jour.

Un bon Herve et une bonne jatte de café noir sucré. Il n’y a que ça de vrai.

Le Herve est le seul fromage belge en AOP, c’est à dire en appellation d’origine protégée. C’est chic. C’est un fromage à croûte lavée. Sa couleur orangée lui vient d’un lavage régulier à l’aide d’une saumure ( de l’eau et du sel) Son odeur puissante vient de là aussi. D’ailleurs si vous en consommez, vous savez certainement qu’il est bien meilleur à température ambiante que sortant du frigo.

Comme tous les fromages à l’exception de la maquée, mais est-ce vraiment du fromage ? Certes à température ambiante il fleure, c’est le moins que l’on puisse dire, mais c’est son caractère. Il est un peu puissant olfactivement, mais en bouche il est tout rond, souple. Même le Herve « piquant » ne l’est pas. Il est un rien plus salé que les autres, mais guère plus.

Petit rappel, dans les fromages, les vrais pas ceux en plastique, dans la plupart des cas, on mange la croûte. C’est là que se trouvent les principales raisons de manger du fromage. Les nutriments, les vitamines, les sels minéraux sont dans la croûte. Le Herve n’y fait pas exception.

Et pour l’accompagner ? Il y a plusieurs options, parce que ce genre de fromage se suffit à lui-même ou presque.

On pourrait se diriger vers un rouge puissant, mais c’est un combat de colosses qui souvent se termine dans le sang et, surtout, l’amertume.

Un blanc, mais à condition qu’il soit bien riche et puissant, plutôt boisé et de type chardonnay bien mur, un truc du genre.

Le champagne pourrait lui aller, mais à condition qu’il soit millésimé et un peu évolué. Et enfin, le combo idéal, c’est ce qui se fait dans le coin.

D’ailleurs c’est toujours la meilleure solution : le local. Le fromage a évolué au fil du temps, et le goût des locaux, l’a adapté à leurs envies, leurs plaisirs.

Sur le plateau de Herve, la combinaison se fait autour d’une tartine de pain au levain (ça c’est moi qui invente un peu) beurré, au beurre salé, what else ?

On étale le fromage sans l’écraser complètement. On peut ajouter un voile de sirop de Liège, pour les sucrés becs. Enfin, on trempe tout cela dans un grand bol de café noir sucré. C’est juste parfait pour être heureux toute une journée. C’est dire…Le bonheur c’est simple en fait.

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Comments
  • Piron Jean-Pierre
    Répondre

    Il manque le sirop de liège qui accompagne à la perfection le Herve et la tartine beurrée.
    Le tout arrosé de café noir à base d’eau minérale.
    Faute de Herve il y a aussi le Le stron d’poye: célèbre tartine du plateau de Herve.
    Bon appétit.

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