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De l’alcool et des belges, des alcools belges…

L’actualité de la fin du mois d’octobre tournait aussi autour de l’alcool, la nouvelle augmentation des accises sur l’alcool a provoqué, dans le centre du royaume, une augmentation des ventes allant jusqu’à un plus de 30%. On pourrait aussi annoncer la réouverture de la route du Luxembourg, celle que l’on empruntait encore il y a une trentaine d’années pour se procurer des alcools nettement moins chers que chez nous. Et si, pour aider les entreprises locales, nous buvions local ? C’est que les marques belges s’imposent vraiment sur le marché ces dernières années, et ce n’est pas cette néo-prohibition taxatoire qui devrait mettre un coup d’arrêt à l’embellie. Du moins il faut l’espérer.

L’histoire des alcools made in chez nous remonte à l’arrivée de l’Alambic, au retour des croisades. Car il s’agit d’une invention arabe, que le montpelliérain Arnaud de Villeneuve améliorera, il sera, d’ailleurs, le premier européen à distiller de l’alcool, à la fin du XIIIème siècle.

Les alcools belges historiques les plus connus sont, bien entendu, les genièvres. Qui, par un bel effet de l’histoire, redéferlent sur nos contrées par l’entremise du Tsunami « Gin/Tonic », même si cette vague, surtout marketing est bien plus imposante au Nord du pays que chez nous. Vous semblez surpris par le lien entre Gin et Genièvre ? Pourtant, l’origine est très commune, les choses sont identiques même : il s’agit d’une boisson consommée par les pécheurs de la mer du Nord, des deux côtés de la Manche, à base de grain, parfois, aromatisée à coup de baies de genévrier. Cela donnera le fameux Peket de wallonie, qui n’est jamais que du genièvre nommé autrement hein. Vous suivez ? Il semblerait que ce soit l’accession au trône de Grande Bretagne d’un prince Orange Nassau qui ait créé la différenciation entre les deux boissons.

Depuis plus ou moins cinq ans, le cœur de la Flandre palpite au rythme des sorties, presque hebdomadaires, d’un nouveau Gin.

Pour le plaisir des papilles en voici trois, très différents, qui valent largement le déplacement :

Forest Dry Gin : un produit 100% élaboré en Belgique, même les bouteilles sont faites dans le royaume. Créé à l’instigation de deux anversois, dont le célèbre sommelier Jurgen Lijcops, (patron du restaurant/bar à vins The Glorious). Les gins se déclinent en quatre saisons, donc quatre types très différents. Puis viennent quelques cuvées particulières, tel le Saint Valentin, sorti en très petit nombre et aromatisé par une macération de pétales de rose. Depuis peu, il existe aussi un vermouth « Forest » histoire de pouvoir élaborer des cocktails encore plus hors normes. Même si, à mon sens, la finesse et l’excellence du produit permettent une dégustation sans artifices, juste sur glace. On le trouve surtout chez les cavistes.

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On le trouve surtout chez les cavistes.

Pour en savoir plus :

Copper Head : C’est l’histoire du serpent du Caducée, cette fameuse vipère cuivrée. C’est aussi l’histoire d’un pharmacien belge, qui, en 2013 se prend de passion pour le gin, et ses aspects pharmaceutiques. Il se lance dans l’élaboration d’un classique London Dry Gin avec une macération de plantes bio. Cet hiver sort le « Dark side of Gin » le Copper Head Black Batch, Yves Vindevogel s’est fait plaisir et à créé une cuvée dans laquelle il a ajouté des baies de sureau et du thé noir de Ceylan. Les possibilités sont immenses en matière de combinaison pour les gins de qualité, et ce n’est qu’un début…

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La cuvée spéciale est en vente chez les cavistes et dans les magasins spécialisés au prix de 39€ pour 50cl.

Pour en savoir plus :

Le gin de la distillerie de Biercée : Longtemps somnolente, la magnifique distillerie thudinienne s’est réveillée et quelle manière depuis quelques années. Les créations succèdent aux créations, et, il faut le reconnaître, le succès commercial est au rendez-vous. Lorsqu’il est question de Gin, celui de Biercée fait mieux que tenir la route. Enfin, celui de Biercée, pour être précis il faudrait écrire ceux de Biercée. Il y a deux cuvées, Pierre Gérard et Christophe Mulatin se sont fait vraiment plaisir, la première était on ne peut plus classique, elle est vendue sous un emballage noir. La seconde est vendue sous un emballage mauve. Autre ingrédients, autre produit, même si c’est toujours du Gin. Superbement bien distillé, le produit est bâti tout en finesse.

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Bref, rien à envier à personne, un produit hautement qualitatif suffisamment rare pour qu’on le souligne.

Pour en savoir plus :

Mais le monde qui vibre et bouge dans les bars ne se contente pas de Gin, loin s’en faut, notre petit royaume s’est fait aussi terre de Whiskies.

Si la palme d’or revient sans conteste à Etienne Bouillon, une des stars mondiales du produit, avec sa production connue sous le nom de Belgian Owl, à Feixhe le Haut Clocher (on pourra bientôt visiter cet endroit un peu hors du temps), le peloton des poursuivant est dense, avec de fortunes diverses.

La Distillerie de Biercée, encore elle, à frappé fort cet été avec sa première production de Rye Whisky à base 100% de seigle bio en provenance de Belgique. Avec une précommande de 3200 bouteilles et plus de 400 inscrits pour la première dégustation, on peut sans crainte affirmer que l’on s’est bousculé aux portillons pour découvrir cette œuvre d’orfèvre signée par les deux compères distillateurs.

En Flandres aussi ça bouge fort au niveau du whisky.

En Flandres aussi ça bouge fort au niveau du whisky. Le whisky belge Goldlys Family Reserve, Belgian Single Estate Whisky, vient de prendre un peu d’altitude et passe à la vitesse supérieure. Ce whisky belge est originaire des berges de la Lys, surnommée la rivière dorée, ce qui explique du même coup son nom. Pedro Saez Del Burgo, maître-distillateur, a composé ce whisky en mélangeant l’ancienne recette First Fill Bourbon Casks avec son propre Single Malt Whisky vieilli en First Fill Oloroso Sherry Casks. Goldlys est distillé et vieilli à Bachte-Maria-Leerne, un charmant petit village des environs de Gand.

En vente dans les grandes surfaces aux environs de 12,70€ pour 70cl.

Hors de ces deux monstres des eaux de vie, la Belgique est aussi le territoire de magnifiques liqueurs. Tel l’Elixir d’Anvers ou de Spa, l’un est jaune, l’autre vert pâle, les deux sont élaborés par la même maison qui joue bien le coup du communautaire, jamais loin chez nous et parfois drôle.

Bref, la Belgique est un territoire riche en créations bibitives, il suffit de retourner un caillou, d’ouvrir une porte et une surprise nous attend. En attendant un prochain lot de découverte, vous avez déjà de quoi garnir le pied de votre sapin ! Que vos fêtes soient belles.

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