In La bière

Ben oui, les légendes ont la peau dure, c’est bien connu. Nous sommes plus ou moins tous persuadés que le père Noël est rouge à cause de l’impérialisme d’une célèbre marque de soda américain. Alors qu’il n’en est rien.

 

Il en va de même pour certaines bières. Ainsi, la plus vendue des Chimay, pas loin de 50% du total, la Bleue, était, à l’origine une bière de Noël. Mais oui, vous savez, ces cuvées très foncées, épicées, que les brasseries produisaient en fin de la période de brassage automnale avec tout ce qu’il restait dans les grenier. Une super bière « fond de tiroirs » plus ou moins. La brasserie de l’Abbaye de Scourmont n’échappait pas à la règle. C’est dans l’immédiat après guerre, après la sélection d’une nouvelle levure, dans les années cinquante, que va naître cette bière de Noël. Son succès immédiat est tel qu’elle sera pérennisée presque tout de suite. A cette époque les bières passaient en barriques. Ce n’est qu’en évoluant vers plus de précision dans leur travail que les brasseurs ont abandonné le bois au profit de l’inox. C’est qu’une bière c’est une petite chose fragile l’air de rien, il faut donc la produire la plus proprement possible. Et les barriques sont des nids à bactéries en tous genres. Et puis, et puis le temps passe, les connaissances progressent, les bières sont de mieux en mieux élaborées, de plus en plus précisément. La plus vendue des trappistes belges dans le monde vient de fêter ses cent cinquante ans, et elle est plus jeune que jamais. C’est au printemps dernier que le monde à reçu la nouvelle née maison. Et quelle nouvelle née ! Une bleue, passée en barriques, en partie françaises, en partie américaine. Elles sont aussi en partie neuves. Et la bière refermentera pour la seconde fois dans le bois. Puis, lors de la mise en bouteille il y aura encore une fermentation. Il s’agit donc d’une triple fermentation ! L’air de rien, cela pourrait se transformer en bière extrême, en délire de brasseur. Et l’air de rien, il n’en est rien. C’est même plutôt exceptionnellement bien foutu. Oui, bien sûr, certains beer-geek gueuleront, par principe, parce qu’elle est un peu ronde, fruitée, sucrée en d’autres mots ; mais à peine et en plus ça lui va bien et, In Fine, on se fout de l’avis des râleurs. En bouche c’est long, riche, plein. La bulle est fine, délicate. Au nez, on se promène entre les notes toastées, un peu de caramel, la vanille des bois, un peu de chocolat, du cuir. Bref, c’est vraiment une belle bête qui mérite d’être présente sur les tables de fête, quelles qu’elles soient. Mais, car il y a un mais, les plus ou moins 15000 bouteilles produites se sont vendues comme des petits pains, et encore, je n’ose pas, vu le produit, évoquer le miracle. Mais, car il y a un second mais, il semble que l’on en trouve encore à des prix relativement normaux sur internet. C’est donc à vous de chercher pour vous offrir votre cadeau de Saint Nicolas rien qu’a vous. Juste comme ça, une dernière info en passant ; lors de sa sortie, elle coûtait pas loin de 17 €, ce qui, compte tenu de ce dont il s’agit est vraiment très abordable. Allez, faites chauffer les souris et cliquez comme des bêtes, le bonheur est à ce prix…

 

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