Manger dans un magasin, c’est un concept pas vraiment nouveau, mais c’est toujours un peu surprenant l’air de rien. Allez, en voiture Sigmund, on va magasiner…

Je ne sais pas avec certitude qui fut le premier, mais j’ai l’impression qu’au commencement il y eu Christophe Hardiquest, le célèbre chef de Bonbon. Ceux qui se souviennent de ses débuts en solitaire, n’ont pas oublié qu’il a commencé dans un magasin du goulet Louise à Bruxelles. Depuis, à Bruxelles et ailleurs dans le royaume, d’autres s’y sont essayé avec plus ou moins de succès.

Certes, les grands show-room des grands cuisinistes sont souvent un peu à l’extérieur des villes et bénéficient en conséquence de facilités de parking qui ne sont pas à négliger. Mais, revers de la médaille, souvent ils sont à l’extérieur des villes et donc, pas forcément dans des zones de bureaux. Et donc, les fréquentations sont aléatoires. Sauf pour l’un d’entre eux qui est vraiment le succès total de la formule depuis de nombreuses années.

C’est au début des années 2000 que le concept voit le jour, au fourneau Philippe Stevens pratique une cuisine simplement savoureuse. Pas de fleurs ni de pince à épiler pour dresser les assiettes ici, on n’est pas dans Touche moi le chef ou couillonnade du genre. Le chef connaît son métier, les clients viennent pour manger pas pour photographier les assiettes et se vanter sur Instagram d’avoir « fait » cette table. Bref, de la cuisine comme j’aime. Du goût, des cuissons justes, un assaisonnement qui ne nécessite rien de plus.

Un seul bémol à mes yeux, pourquoi ne pas proposer un bon beurre de ferme local plutôt que de l’huile d’olive même si elle est très bonne ? Mais c’est juste un détail, et je suis un vieux ronchon lorsqu’il s’agit de mettre en avant les produits locaux.

Hors de ce truc sans importance, mon plat de Porc Ibérique était juste parfait. Juteux a souhaits, et la garniture composée d’oignons sautés et de jeunes oignons avait cette petite touche qui réchauffe le cœur quand le printemps ressemble plus à l’automne qu’à autre chose. Ma camarade avait jeté son dévolu sur un poisson à la cuisson parfaite. La carte des vins est vraiment un réservoir à pépites, avec des flacons tarifés à partir d’une bonne vingtaine d’euros, ce qui est vraiment abordable.

Bref, si vous vous attablez là, vous partirez dans un voyage des plus savoureux sans faux-semblants, sans phénomènes de mode. Le chef propose une cuisine créée avec ses tripes, il met sa personnalité dans ses plats, et il ne suit pas les tendances. Et c’est bien comme ça. A la fin du service, il prend le temps de s’attabler aux côtés des habitués pendant quelques minutes. Pour les autres, il faudra devenir un habitué pour y avoir droit, et c’est bête parce que nous aurions vraiment aimé lui dire notre plaisir de vive voix.

Même si vous ne pouvez que rêver à une cuisine équipée de cette magnifique marque, n’hésitez pas à pousser la porte afin de voir les équipements fonctionner, et, surtout, passer un vrai beau repas. Sans oublier un service souriant, gentil et prévenant. Que demander de plus hein ?

Bulthaup gosselies

Route Nationale 5 – 193

6041 Charleroi

071/34 72 00

http://www.bulthaup-gosselies.be

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Comments
  • SMETS Thierry
    Répondre

    Si je ne me trompe Chr.Hardiquet a commencé à la Galerie Pierre Cardin boulevard de Waterloo, côté place Louise, puis il a émigré à Uccle.

    Fort bien de parler de Bulthaup-Gosselies mais n’oubliez l’existence antérieure de Bulthaup chaussée de Louvain ,direction Zaventem, passé le carrefour avec le boulevard de la Woluwe. Mon ami et moi y avions apprécié plusieurs fois une cuisine simple et goûteuse à l’instar de ce que vous avez découvert à Gosselies.

    Au plaisir et aux bons souvenirs passés à l’Hôtel Président WTC avec Filippo Baldan dans les années 1980.

    Thierry Smets. (thierryjeansmets@gmail.com)
    19 juin 2019.

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