In Le vin

Bordeaux Clairet

Nous connaissons tous Bordeaux, ce nom fait partie de notre ADN bibitif depuis des générations. Ajoutez-y un peu de Diables Rouges, et vous n’aurez plus aucune raison valable et défendable à ignorer cette ville.

Mais ce qui nous importe encore bien plus que le foot, qui ne fait que passer lui, c’est que Bordeaux est aussi une région viti-vinicole. On fait du vin dans le coin depuis plutôt longtemps. La légende raconte même qu’Ausone, le poète romain qui tenait une sacrée couche, y possédait une villa et y faisait son vin. C’est dire. Bref, en Belgique, pas une cave digne de ce nom sans Bordeaux, pas un repas, pas un linéaire de grande surface ou une vitrine de caviste. Bref, c’est un réel incontournable. Nous sommes d’ailleurs, nous belges dans notre ensemble, parmi les plus grands consommateurs de vin de cette région au monde. Pas par tête d’habitant, pour que les choses soient claires, on parle en volume total. Oui, je sais, c’est un peu dingue, nous sommes à peine 11 millions, et nous sommes les premiers dans au moins 5 appellations. Mais, même si cela pourrait sembler un rien paradoxal, le marché est en mutation et il s’érode au niveau de notre bordelais. En cause ? Un manque certain d’investissement de la part de nos voisins au niveau de la promotion. Nous sommes eux et nous, un peu comme un vieux couple qui devrait « célébrer » ses noces de diamant mais pas le fêter car il n’a plus grand-chose à se dire. A force de se savoir vivant on oublie l’essentiel, et les bordelais ont cru depuis longtemps que c’était arrivé et que nous étions fidèles pour l’éternité…

C’est donc le moment de redécouvrir la région pour montrer que vous n’êtes pas des moutons et que vous pensez par vous-mêmes. Tiens, par exemple, du bordeaux en été, qui ne soit ni blanc, ni rosé, mais bien du Clairet. Ben oui, ce rouge très léger, ou ce rosé très foncé qui tire son nom de la description que l’on faisait des vins de la région au moment de la guerre de Cent Ans. En bon anglais d’Angleterre, un Bordeaux se dit d’ailleurs Claret. Enfin bref, un rosé pas pâlot qui affirme sa différence par rapport aux fleuves de rosés anémiques et sans âme, aussi un Bordeaux qui se boit frais. Pas glacé hein, mais ça vous le saviez déjà. Celui est rond, souple, épicé du côté du poivre noir, fruité sans délires entre framboise et fraises. La bouche est vachement bien équilibrée, longue sans lourdeur, ronde sans mollesse, bref, une très belle bête qui vous donnera l’occasion de redécouvrir une région qui mérite largement plus que l’image péniblement hautaine véhiculée par quelques flacons destinés au Tycoons de la planète.

Château Thieuley Clairet chez Cora 7,59€

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