Chers Auditeurs, Trices, chères Sandrine prunelle de mes distillations aussi secrètes que mes digressions ne le sont pas, Hello Bernardo, oui vous aussi vous êtes charmante même si vous êtes un peu l’Elo de l’émission, cher….

 

Dites, vous avez remarqué, il fait un temps de saison. Et c’est rien de le dire. Sans dec Georgette il pleut comme en Bretagne, mais chez nous, même si c’est comme ça depuis des siècles, nous ne sommes pas encore vraiment habitués. Le breton, lui, marche de guingois, se vêt d’un caban et d’un pull Saint James. Alors que chez nous, ça c’est une tenue de bobo pour marcher dans les rues de Bruxelles le dimanche dans le cadre d’une marche pour le climat. Je ne voudrais pas avoir l’air de critiquer, mais vous remarquerez avec moi que ce n’est pas très efficace vu qu’il fait aussi dégueulasse aujourd’hui qu’hier. Je propose de contacter quelques sorciers à travers le monde et de leurs donner des visas humanitaires afin qu’ils arrivent et nous organisent un printemps rapide. Parce que bon, avec cette bruine traversière, qui bat de grains en grains quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin, c’est le moment de faire gaffe parce que l’on va se choper une crasse, aux Marquises ou ailleurs c’est vite fait.

C’est le moment de passer quelques tests, la galette des rois est assez loin derrière nous pour notre cholestérol soit un peu en baisse, la Chandeleur, là où l’hiver se meurt ou reprend vigueur, oui, je sais, j’ai trop regardé Jules Metz quand j’étais petit ; nous étions trop pauvres pour avoir le câble et regarder RTL, nous on ne regardait que Bruxelles français. Mais je m’Edgard, on rit on rit, mais porte des lilas oui. Donc, il est venu les temps des cathéters. Le monde est entré dans un nouveau millénaire. Pffffff, vous croyez que c’est facile vous de rédiger cette chronique alors que vous venez de passer un bilan mémoire et que vos neurones ont exhumé un tas de cochonneries du fond de vos synapses ?

Où en étais-je ? ha oui, un bilan de santé. Pour ma part, je règle mon bilan de santé sur celui de mon entreprise. Je rentre les papiers entre fin décembre et début janvier, mon comptable fait le tri et la déclaration de revenus société suit dans les meilleurs délais. C’est-à-dire six mois. Pour ma santé c’est la même chose. Je demande à ma tour de contrôle de prendre rendez-vous avec mon généraliste en décembre pour fin janvier. J’y vais pour un truc complet, c’est-à-dire une prise de sang fouillée. Et puis, hop, je reçois la copie et je retourne voir le toubib en mars. Pour qu’il m’explique. Comme en général c’est plus que parfait, j’en profite pour acheter un Bescherelle afin de bien revoir tous les temps de l’indicatif, et, suivant les indications du carabin, je prends quelques rendez-vous complémentaires. C’est qu’a mon âge avancé ma bonne dame, mon bon monsieur, il faut faire contrôler sa prostate, ses oreilles, ses yeux, ses dents, son cœur (les ordres du docteur sont qu’il me faut tes bras, mon seul remède c’est toi), ses poumons. En juin, en même temps que mon bilan société définitif, je reçois les résultats de mon check up. L’été n’est pas vraiment une saison propice au régime, alors je fais avec ce que je peux et comme je peux.

Mais une chose que je ne fais pas, jamais, c’est de chercher sur internet les signes d’éventuelles pathologies qui m’atteindraient. A chacun son job, j’ai confiance en mon généraliste, il me connaît bien mieux que Google et puis, franchement, depuis Molière, voire plus tôt on sait qu’Esculape se joue des crédules de tous poils et qu’il n’est de pire malade que celui qui ne veut pas guérir comme le dit si bien Purgon, le collègue de Diafoirus. Un bilan de Santé, oui, une fois par an, quand on arrive sur les rivages heureux de la cinquantaine, avant cela, je ne sais pas, je n’ai pas pratiqué. Pour terminer, je voudrais vous livrer un extrait d’une conversation entre deux grands auteurs de la littérature française et qui résumera bien toute la vacuité de cette chronique…

 

« – Allô ?

– Allô chéri, bonjour c’est moi. Je sors de chez le docteur. Tu sais ce qu’il m’a dit ? Que j’étais au bord de la dépression. Tu vas sourire : je souffre d’une peine intérieure très profonde. Oh, c’est pas très grave, mais j’ai un manque d’affection

C’est le cœur, les ordres du docteur

Sont qu’il me faut tes bras

Mon seul remède c’est toi

 

Il m’a dit

C’est le cœur

Je vous prescris douceur

Et une potion d’amour

D’émotion chaque jour

 

Il faut que tu reviennes

En présence de celui que j’aime

Je serai guérie

Car mon âme s’éclairera bien vite

(Musique)


 

Citations

« La souffrance nous rend égoïstes, car elle nous absorbe tout entiers. C’est plus tard, sous forme de souvenir, qu’elle nous enseigne la compassion. » – Marguerite Yourcenar (Alexis ou Le traité du vain combat, 1929)

« On ne souffre pas seul, on souffre toujours avec ceux qui souffrent à cause de votre souffrance. »  – Elie Wiesel

« Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres. » – Honoré de Balzac

« Dans tout bon cœur il est un sentiment noble placé par la nature, savoir qu’il ne faut pas être heureux pour soi seul, mais chercher son bonheur dans le bien-être de ses semblables. » – Johann Wolfgang von Goethe ; Les maximes et réflexions (1749-1832)

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