Il en va de certains noms de restaurant ou d’hôtel comme de Kate Moss, ils sont éternels.

C’est le cas du Savoy. Palace londonien connu dans le monde entier depuis le XIXème siècle, le Savoy est aussi une enseigne bruxelloise qui a connu quelques vicissitudes, qui apparaît et disparaît un peu à la manière du monstre du Loch Ness. Autrefois un hôtel, où le grand-père des Niels a travaillé si je ne me trompe ; puis restaurant de grand luxe bruxellois des années 60/70, aujourd’hui bel ensemble immobilier sur une placette proche de l’avenue Louise ; le voilà qui revient place Brugmann.

Il faut dire que depuis l’arrivée des mânes françaises en exil fiscal, cette place s’est fortement gentryfiée. Feu Gaudron a changé de mains pour devenir une, encore plus belle terrasse, bénéficiant des rayons du soleil bien à l’abris. Et de l’autre côté, le célèbre Plasch Brugmann a délaissé les quinquas en mâle de sensation si chères au cœur de Yann Moix pour une clientèle moins tapageuse mais plus à l’aise économiquement parlant. C’est que l’endroit a été repris et complètement repensé par les célèbres Niels, père et fils, ceux du Vieux Saint Martin au Sablon. Pour la déco, on ne change pas une équipe qui gagne ; donc, de la lumière, un mobilier intemporel, des œuvres d’art superbes garnissent les murs, pas de la peinture décorative, ce n’est pas un restaurant Ikea, ne vous trompez pas, des véritables œuvres d’art signées d’artistes réputés dans le monde.

En ce qui concerne l’assiette, parce que peu de gens se rendent au restaurant pour manger les peintures, on est dans les classiques qui font le succès des maisons de la famille. J’ai pris un fish and chips, qui, mis à part le manque de saveurs d’encre des journaux diluées par le vinaigre, n’a rien à envier à ce que l’on mange chez les Brexiteurs. Pour une spécialité qui en vaut le coup chez les brittons on en viendrait presque à regretter qu’ils ne se barrent ; mais ce n’est pas suffisant pour qu’ils restent. Ma camarade de table a pris une bouchée à la Reine, cette spécialité concoctée à l’origine pour la Reine Marie Leczinska, épouse de Louis XV et fille du Roi Stanislas à qui Nancy doit sa fameuse place. Avec le temps, cette délicatesse est devenue une spécialité de chez nous et change de nom régulièrement entre bouchée à la reine et vol au vent. La première devant être réservée, classiquement, aux portions individuelles, le second aux feuilletés collectifs.

Bref, en dehors de ce petit détail historique pour alimenter votre culture, c’était très bien exécuté. Ajoutez à cela une carte des vins bien étalée à des prix raisonnables, un service aux petits oignons et le bonheur sera complet. Vous n’aurez aucune excuse pour ne plus aller place Brugmann, même si vous n’êtes pas Français.

Au Savoy

Place Georges Brugmann 35

1050 Ixelles

02/344.32.10

http://ausavoy.be

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