Un petit bonheur…

Lorsque vous arriverez sur la place du village, vous ferez face à une allée majestueuse bordée de grands arbres visiblement séculaires juste après une grille immense. À moins que ce ne soit l’inverse.

Devant vous, se dresse fièrement le portail d’entrée du château juste après le pont qui enjambe comme il se doit une douve couverte de lentilles d’eau où quelques batraciens s’ébattent joyeusement.

Lors de mon passage, il y a quelques jours, aux bruits qu’ils émettaient, je peux même dire que les ébats avaient l’air fort copulatifs. La nature a ses cycles que les crapauds et les grenouilles semblent ignorer superbement. Une fois dans la cour, face au pigeonnier gigantesque, dirigez-vous vers le coin gauche, poussez la porte. Voilà, vous y êtes. Pour les messieurs le heaume n’est pas de rigueur et pour les dames une tenue de princesse n’est pas absolument obligatoire, laissez vos poulaines au vestiaire même si le décor s’y prête.

Au comptoir, une haie d’accortes jeunes femmes vous accueille. L’une d’entre elle se fera une joie de vous diriger, si le temps est de la partie, sous la véranda qui ressemble furieusement à une serre en moins tropical, vu qu’elle est largement ouverte vers les rangs de vignes qui jouxtent immédiatement les murs du château. Une fois confortablement installés, vous n’avez plus qu’à ouvrir la carte.

Présentée judicieusement entre deux planchettes de bois issues de caisses à vin, pour bien marquer la vocation actuelle du lieu, elle propose une petite sélection de produits de saison et pour la plupart locaux. Il faut dire que la propriété est dotée d’un grand potager d’où proviennent la majorité des fruits et légumes utilisés par la Cheffe de cuisine. Certes, les Maatjes que j’ai dévorés ne viennent pas de la rivière d’à côté, mais l’exercice de la cuisine locale et de saison a parfois quelques limites et c’est bien normal.

Vous remarquerez de suite que pour chaque plat il y a une suggestion de vin de la propriété au verre. L’idée n’est pas de vous faire gagner le premier concours de ballonnet improvisé au coin d’une rue par les pandores locaux, mais bien de vous permettre de déguster l’éventail d’une production bien au point et basée sur des cépages inter-specifiques. Ces fameuses variétés qui demandent jusqu’à 10 fois moins de traitements que les vitis-viniféra classiques.

D’ailleurs, n’hésitez pas à quitter votre siège pour aller voir de près les vignes, rien qu’à voir la terre vous comprendrez qu’ici on joue le long terme, sans arroser le sol de produits de synthèse et tout le toutim.

Pour en revenir au restaurant proprement dit, il vient d’ouvrir ses portes et, comble de bonheur, tourne déjà comme une horloge. La Cheffe a roulé sa bosse et sait de quoi il retourne, quand à la responsable de salle, derrière son sourire angélique se cache une jeune femme qui a travaillé dans des vignobles lointains où l’on sait ce que signifie l’oenotourisme. Ça y est, j’ai placé LE mot, cette vague qui doucement atteint nos voisins français après avoir fait le tour du monde depuis près d’un demi-siècle est déjà chez nous, et le Château de Bioul est le premier des domaines vinicoles wallons à s’engager résolument dans cette voie.

Vous pourrez donc faire comme si vous alliez en Bourgogne ou ailleurs tout en restant à deux pas de chez vous. C’est exotique et ça pollue moins, bref c’est bon pour vos neurones et bon pour la planète.

Foncez-y, prévoyez quelques heures, parce qu’il y a aussi une jolie exposition permanente qui retrace à la fois l’histoire de la famille fondatrice et la genèse du vignoble.

Et si vous y allez en groupe, il vous sera même loisible de loger sur place. Tout cela bien sûr se fait sur réservation.

Domaine du CHÂTEAU DE BIOUL  

PLACE VAXELAIRE 1

5537 BIOUL

info@chateaudebioul.com

Le restaurant est ouvert vendredi soir et samedi soir. Infos et réservations : 071/799 943

https://www.chateaudebioul.be

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