Même dans un des quartiers les plus branchouilles de la capitale, où les enseignes conceptuelles s’ouvrent et se ferment plus vite que le volet d’un coucou suisse à midi, il est possible de trouver une adresse vraiment humaine qui existe depuis des lustres.

Dans cette petite rue du bas de Bruxelles, il y a quelques temples de la bonne bouche, des classiques qui perdurent contre modes, sushis, bagels et burgers vegan. Et puis il y a les autres où il faut se rendre en courant dès après l’ouverture tant ils ferment vite, la mode est cruelle avec ceux qui les suivent et ne sont pas capables de trouver leur chemin seul.

Au hasard d’une ballade dans cette rue ô combien vivante, aux trottoirs encombrés de trottinettes et de gars aux chevelures colorées comme à Soho dans les années septante, pleine de bruits mais pas de fureur, un peu plus loin que la magnifique maison de la Bellone, j’ai poussé la porte de cette Casa Mia. Pipo, Filippo pour les intimes, vous reçoit comme si vous étiez ses amis. Et il fait la bise à tout le monde, on se croirait à Charleroi. Dire que la déco est kitsh est légèrement sous la vérité, c’est juste parfaitement, joyeusement, excessivement bordélique. Et j’adore ! Des sets de table coloriés par des enfants, des photos de la Dolce Vita, quelques personnalités de passage, des peluches, du brol joyeux qui donne un sentiment d’intimité étonnant.

Aux fourneaux, la cheffe est l’épouse, et le fils est aux desserts. La carte des vins est tarifée très doux, j’ai bu un Corvo, de Sicile, à 30€ la bouteille.

Secondé par une charmante jeune fille pugliese, le patron, qui est romain mais pas fou, assure l’ambiance, fait son limoncello lui-même, dont il offre un petit verre à presque tout le monde. Mais revenons aux prémices. Il est vrai qu’à l’arrivée, si vous êtes amateur de déco épurée, votre rétine pourrait se mettre à saigner, mais on s’en fout, car l’essentiel ne se voit pas avec les yeux comme disait un gamin perdu dans le désert.

Pipo donne la carte et les suggestions. J’ai pris une pâte aux brocolis et à la saucisse, et ma camarade de lutte une lasagne. En entrée nous avons partagé un antipasto plutôt richement doté et original. Pas de dessert car nous étions définitivement rassasiés. Bref, c’était le bonheur et nous sommes partis heureux flâner dans ce quartier de la rue de Flandre qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Parfois les recettes ne sont pas 1000% authentiquement ritales, mais elles offrent un gentil compromis multi-culturel. C’est ça aussi la cuisine, elle évolue en suivant la géographie, le temps, les gens, et c’est bien comme ça.

Si en début de semaine vous pouvez trouver une place, pour les jeudi, vendredi et samedi, n’y allez pas sans réserver, c’est complet tout le temps ou presque. Parce que c’est bon, pas cher, à deux comme nous comptez, avec une bouteille d’eau, 80€, et que l’accueil est simplement chaleureux. En résume c’est un restaurant…

A Casa Mia

Rue de Flandre 50

1000 Bruxelles

Tél : 02 513 45 77

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Comments
  • Marianne
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    Il est 3h du matin….et j’ai bien envie de manger …un peu d’Italie…..! ?
    (Romain…mais pas fou ??)

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